Affaire du bijoutier tué : comment la SU a cerné Bassirou Thiam.

Les enquêteurs de la sûreté urbaine (SU) ont glané des informations irréfutables qui attestent que Bassirou Thiam a bien tué Ndongo Guèye. Malgré tout, l’assassin présumé, obligé pour la première fois de reconnaître un mensonge suite à un nouveau témoignage, est resté froid et impassible.


Mardi dernier, à Cambérène, le corps sans vie de Ndongo Guèye, un bijoutier âgé d’une trentaine d'années, a été découvert, enfoui dans des sacs, sur la banquette arrière de sa voiture de marque Toyota Auris immatriculée DK 5840 AY. Quelques heures après la découverte du corps, Bassirou Thiam, son ami chez qui il se rendait samedi soir quand sa disparition a été signalée, était placé en garde à vue, au commissariat de Golf Sud, pour « nécessité de l’enquête ». 

Selon nos confrères du journal Libération, le même jour, la Sûreté urbaine (SU), qui dispose de plus de ressources matérielles et humaines héritait du dossier. Dès la première audition du suspect, les enquêteurs de la SU, spécialistes de ce genre de dossier, savaient que Bassirou Thiam ne disait pas tout, ils étaient convaincus que, d’une manière ou d’une autre, Bassirou Thiam était impliqué dans l’assassinat de Ndongo Guèye, s’il n’était pas l’auteur principal du crime. Une intuition confirmée aujourd’hui par plusieurs éléments techniques qui font que Bassirou Thiam sera déféré ce lundi, devant le parquet de Pikine, pour assassinat et recel de cadavre.

Un dernier témoignage est venu confondre le mis en cause obligé, pour la première fois, de reconnaître qu’il a menti. En retraçant les « sorties », effectuées par la voiture de Ndongo Guèye, depuis que ce dernier a disparu après avoir quitté son domicile à Pikine Tally Bous Bess, les enquêteurs sont remontés à S.F. Diop. Ce mécanicien, habitant à Guédiawaye, leur a fourni un précieux témoignage. Le dimanche 13 février, vers 17 heures, il a révélé avoir reçu un appel de Bass Thiam qui lui a demandé de lui apprendre « très rapidement » à conduire une voiture. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés sur instance de Bassirou Thiam, chez le meurtrier présumé qui lui a montré une voiture de marque TOYOTA Auris. Lorsque les enquêteurs lui ont présenté un lot de véhicules, parmi lesquels celui de la victime, S.F. Diop a désigné sans hésiter la voiture de couleur grise appartenant à Ndongo Guèye. Il était formel : c'est bien, avec sa voiture, qu’il a donné un cours à Bassirou Thiam.

Selon la même source, pourtant, ce cours de conduite express n’aura servi à rien puisque Bassirou Thiam sera mis en mal par un autre témoignage. Chauffeur domicilié à Dadié à Mbour, S. Diao s’était rendu, dans la nuit de dimanche à lundi, à l’Aéroport Blaise Diagne afin de récupérer un client qu’il a déposé à Guédiawaye. Ce travail fait, vers 4 heures du matin il s’est garé devant une station d’essence de Pikine dans l’attente de l’aube pour rentrer à Mbour. Mais sorti de nulle part, un véhicule de marque TOYOTA a violemment heurté le pare-choc de sa voiture. Le chauffeur, seul à bord, a continué sa route sans s'arrêter. S. Diao a alors pris en chasse la voiture jusqu’à hauteur de Cambérène où l’homme qui a heurté sa voiture, qui ne savait manifestement pas conduire, est descendu avant de fuir. S. Diao, furieux, a démonté la batterie de la voiture et récupéré les clefs sans s’occuper des sacs posés sur la banquette arrière, comme le révélait IGFM. Aux enquêteurs, il confiera que l’homme de teint noir, qu’il a poursuivi, était de taille et de corpulence moyenne. Mais il dira surtout que l’individu portait un capuchon.

Cet habit était déjà entre les mains des policiers et quand il a été présenté au témoin, il a été catégorique : c’est bien le capuchon que portait celui qui a heurté sa voiture avant de prendre la fuite. Il se trouve que des traces de sang ont été retrouvées sur le capuchon, notamment au niveau des coudes. Interrogé sous le régime de la garde à vue, Bassirou Thiam a indiqué qu’il s’agissait du sang du mouton qu’il aurait tué lors du baptême de son frère. Là aussi il sera démenti par les membres de sa propre famille. Entendus séparément, ils ont tous affirmé que le mis en cause portait un boubou de type « Getzner » lors du baptême. La police scientifique a formellement confirmé qu’il s’agissait de sang humain...
Lundi 21 Février 2022
Dakaractu



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