[ ANALYSE ] Pape Thiaw et l’art de donner les mêmes réponses à toutes les questions ( Mamadou Moustapha Mbaye - DakarActu)


 CONTEXTE GÉNÉRAL 

Les conférences de presse sont censées être des moments privilégiés où un entraîneur éclaire les observateurs sur ses choix, ses orientations tactiques et sa lecture des performances. Dans le cas de Pape Thiaw, sélectionneur du Sénégal A’ (équipe locale), l’exercice prend une tournure singulière : ses interventions semblent tourner en boucle, au point de frustrer les journalistes qui attendent des précisions.

Cette posture, loin d’être anodine, mérite une analyse détaillée car elle touche à la fois la communication sportive, la gestion du groupe, et la relation avec la presse.

LA STRATÉGIE DE LA RÉPONSE NEUTRE 

De tous les coachs au Maroc , le Sénégalais est en effet le seul à agir de la sorte . Ces réponses sont neutres , sans  information majeure. Son sourire collaboratif est le seul point positif de ses sorties . Hélas, cela ne sert ps à grand chose chez la presse . Toutefois , cette manière de procéder vise bien des objectifs. 

* Évitement des polémiques : Pape Thiaw adopte une communication prudente, refusant de mettre en avant un joueur au détriment d’un autre. Chaque fois qu’il reconnaît une performance, il cite systématiquement le concurrent direct au poste.

* Conséquence : cela empêche de deviner ses préférences réelles, ses satisfactions ou ses insatisfactions. Les journalistes se retrouvent avec des réponses vagues, impossibles à exploiter pour enrichir leurs analyses.


 Exemple : lorsqu’on lui demande son avis sur un attaquant, il évoque aussi le second choix, brouillant la hiérarchie.

CHOIX TACTIQUES  ET CONCURRENCE INTERNE 

Cette manière de répondre pour ne rien dire jaillit aussi quand il s’agit d’aborder la question des tactiques de jeu et des choix de joueurs.

* Cas Jacobs vs El Hadj Malick Diouf : deux profils différents, l’un plus physique, l’autre plus technique. Les journalistes espèrent savoir lequel correspond mieux à son plan de jeu, mais Pape Thiaw entretient volontairement l’ambiguïté.

* Cas Iliman Ndiaye vs Ibrahima Mbaye et Ismaïla Sarr : ici, la question touche à l’équilibre offensif. Or, ses réponses ne permettent pas de savoir s’il privilégie la créativité d’Iliman ou la vitesse de Sarr.

* Milieu et défense : même constat, aucune indication claire sur les combinaisons qu’il envisage.


 En parlant de « 28 titulaires », il brouille encore plus les pistes. Dans le football, une équipe ne peut aligner que 11 joueurs, mais cette formule traduit sa volonté de considérer tout le groupe comme compétitif.


IMPACT SUR LA PRESSE  

* Frustration journalistique : les reporters présents au Maroc peinent à produire des dépêches riches, faute de matière. Les conférences deviennent répétitives, avec des réponses interchangeables.

* Perte de valeur informative : les points de presse ne remplissent plus leur rôle institutionnel. Les journalistes se sentent contraints de rapporter des banalités.

* Reconnaissance malgré tout : Pape Thiaw conserve une image sympathique, souriante et collaborative. Sa posture n’est pas hostile, mais elle reste stérile sur le plan informatif.

LECTURE CRITIQUE 

Mais il ne faudra pas tout jeter tout à la poubelle.

* Avantage : cette communication protège le vestiaire. Aucun joueur ne se sent publiquement dévalorisé, ce qui peut renforcer la cohésion interne.

* Inconvénient : elle prive le public et les médias d’éléments concrets. Dans un contexte où la transparence est attendue, cela peut être perçu comme un manque de professionnalisme.

* Comparaison : à l’international, certains entraîneurs (ex. Didier Deschamps) savent manier la langue de bois tout en glissant des indices tactiques. Pape Thiaw, lui, reste dans une neutralité absolue.

BREF….

Pape Thiaw illustre une communication défensive : il répond sans jamais répondre. Cette posture, si elle protège son groupe, finit par agacer la presse et brouiller la lecture de ses intentions. Les journalistes sénégalais au Maroc vivent une expérience frustrante, contraints de couvrir des conférences où l’information est quasi inexistante.

En définitive, Pape Thiaw pratique l’art de la langue de bois totale, une stratégie qui peut préserver l’équilibre interne mais qui, à long terme, risque de nuire à la crédibilité institutionnelle des points de presse.

Que le Sénégal gagne cette CAN !
Vendredi 2 Janvier 2026
Dakaractu



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