Au lendemain de la rencontre de Ligue des champions opposant le Real Madrid au Benfica Lisbonne, la soirée européenne a été éclipsée par un scandale racial. Si l’arbitre de la rencontre a été jugé irréprochable sur un point de règlement, ce sont les graves accusations de Vinicius Junior et Kylian Mbappé qui retiennent l’attention, plongeant le football dans une nouvelle polémique sur la gestion des comportements racistes.
Tout est parti d’un accrochage en seconde période. Alors que la tension montait sur la pelouse, l’attaquant français Kylian Mbappé a affirmé avoir été la cible d’injures à caractère raciste de la part du numéro 25 du Benfica. En zone mixte, le joueur madrilène, encore furieux, a livré un témoignage glaçant aux journalistes. « Le numéro 25 du Benfica, je n’ai pas envie de prononcer son nom, il ne le mérite pas », a-t-il déclaré, la voix encore marquée par la colère. « Il a commencé à mal parler, ce n’est pas acceptable. Ça arrive dans le football, ça arrive partout. Il a mis son maillot devant sa bouche, il a dit “singe” à cinq reprises. Je l’ai entendu, des joueurs du Benfica l’ont aussi entendu. Ce joueur ne mérite pas sa place en Ligue des champions. »
Dans la foulée, son coéquipier Vinicius Junior, souvent ciblé par ce type de comportements, a utilisé son compte Instagram pour exprimer sa frustration. L’attaquant brésilien s’est plaint d’un « protocole mal exécuté » qui, selon lui, « ne sert à rien ». Un sentiment partagé par l’ensemble du vestiaire madrilène, qui estime que les mécanismes censés protéger les joueurs ont une nouvelle fois montré leurs limites.
Un rapport transmis, des sanctions « sévères » à la clé
Malgré la colère des joueurs, l’arbitre de la rencontre a respecté à la lettre les procédures en vigueur. En effet, les incidents ont été consignés dans le rapport officiel que l’homme en noir va transmettre à l’instance dirigeante du football européen. « Ce rapport est en cours d’analyse, et les sanctions prévues sont assez sévères », a-t-on indiqué dans l’entourage de l’arbitrage.
Le cadre réglementaire est en effet très clair. L’article 14 du règlement disciplinaire de l’UEFA, relatif au racisme, stipule que toute personne qui porte atteinte à la dignité d’une personne pour quelque motif que ce soit, notamment en raison de sa couleur de peau, de sa religion ou de son origine ethnique, s’expose à de lourdes sanctions. « Si tout cela est avéré, ils risquent gros », prévient un expert juridique. « Toute personne reconnue coupable sera passible d’une suspension d’au moins dix matchs pour une durée déterminée, ou de toute autre sanction appropriée. »
Une affaire qui relance le débat
Alors que l’UEFA doit désormais étudier le contenu du rapport et les preuves potentielles images, audios, cette nouvelle affaire relance avec acuité le débat sur l’efficacité des protocoles anti-racisme. Si les sanctions prévues sont effectivement dissuasives sur le papier, les joueurs, en première ligne, réclament désormais une application plus rapide et plus systématique.
La balle est désormais dans le camp des instances, qui devront trancher pour que, comme l’a dit Mbappé, ces comportements n’aient plus leur place en Ligue des champions.
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