Terrorisme au Sahel Serions-nous des centaures ? (Par Gallo Thiam, Médina)


Terrorisme au Sahel    Serions-nous des centaures ?  (Par Gallo Thiam, Médina)



La folie démesurée des groupes armés se multiplient depuis des mois au Sahel. Après les 71 soldats été tués récemment au Niger, c'est au Burkina Faso de subir encore une nième attaque sanglante, la plus meurtrière perpétré par les Jihadistes avec 39 morts ! Cette violence a non seulement engendré un profond chagrin, mais plongé le Sahel dans une situation qui risque de virer au cauchemar.



Au regard de ces actes répréhensibles, l'homme ne trouverait-il pas son identifiant dans le peuplade sauvage des centaures ?



A cette question historique, la réponse est oui. Nous, les hommes, sommes devenus des centaures, c'est-à-dire ces redoutables créatures que la vielle théogonie grecque a mentionné dans ses tableaux. Avec consternation nous dénonçons cette métamorphose cruelle de l'homme, et dont les Jihadistes salafistes en sont une preuve éclatante. Car, ils agissent aveuglément dans la brutalité, comme autrefois, les centaures de la forêt mythologique de Thessalie.



L'homme, bourreau de l'homme

Décidemment, le Sahel est aujourdhui le théâtre d'une boucherie humaine sans précédent. Les populations saheliennes vivent quotidiennement un spectacle horrifiant, avec son cortège de vertiges et d'effrois. Que ce soit au Mali ou au Niger, dans tout le Sahel, ces événements douloureux et tragiques, œuvre de groupes hors-la-loi armés jusqu'aux dents, sont vécus dans une stupeur généralisée. Au Burkina Faso, "Pays des hommes intègres" où les projecteurs sont braqués, le sang coule effroyablement. Ça gicle, ça gicle, plus qu'il n'en a jamais été, sans arrêt, avec les assassinats ciblés de leaders religieux de tous bords, de personnes civiles, de militaires, aussi du côté des assaillants. Ici au Sahel, ce sont des hommes qui portent cyniquement le fer contre leurs semblables ; au Sahel, ce sont des hommes, maillons de la chaîne salafistes qui, en cavalerie motorisée se sont auto-proclamés soldats du désert. Cruel destin de l'homme qui n'a de dessein que d'atteindre mortellement son vieil ami et compagnon de toujours.



De la compassion !

Non sans revenir sur les images cyniques, dépeignant la cruauté et la bestialité humaines, toutes proclamées au Sahel, nous en appelons à la communauté internationale de réagir, à dissiper cet implacable climat d’angoisse et de peurs, reflet de la souffrance des peuples du Sahel. Au sage Chiron, le plus "humain" des centaures, connu pour son amour et sa compassion légendaires, d'instruire sa cavalerie mi-hommes mi-chevaux de retirer leurs flèches mortellement trempées dans le venin de l’hydre de Lerne. N'entendent-ils pas les sanglots des veuves et ne voient-ils non plus les pleurs des orphelins inondant le désert du Sahel, devenu tristement l'un des plus sanglants champs de mort dans le monde.

 

Vendredi 31 Janvier 2020




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