Tamkharite et Tajabone : L’art de la confection de tam-tams et ce grand business des enfants jamais soupçonnés


Depuis plusieurs générations, la fête de Tamkharite (Achoura) est célébrée dans l’effervescence au Sénégal. Egalement appelée ‘’Fête du Couscous’’, elle renferme une nuit célébrée par plusieurs couches de la populations, tous sexes confondus , avec faste, conformément à  la tradition de notre pays. Une fête qui annonce le nouvel an musulman et qui suscite une attention particulière de la part  des femmes. Mais, si ces dernières sont absorbées durant la journée qui précède la nuit  de Achoura par la préparation du couscous devant servir de dîner, il en est de même pour les enfants.
Ces enfants qui, comme chaque année, ne lésinent sur aucun moyen pour s’offrir un ‘’tam-tam’’ qu’ils comptent utiliser pour célébrer le «Tâjabone».

À Sacré-Cœur, non loin du Rond-point Jvc, comme quasiment dans toutes les localités du pays, des enfants ont formé de petits groupes. Tantôt ensemble, tantôt séparés, les voilà qui s’affairent pour s’offrir le plus beau ou le plus remarquable des tam-tams. Rien ne semble les perturber dans les préparatifs. Lamp Fall, un jeune garçon d’environ 10 ans et ses camarades sont surpris, en pleine activité. Ce, alors qu’il était à la recherche de pot pour la confection des « tambours d’aisselle » appelés singulièrement ‘’tama’’, par ces petits.

Comme une leçon qu’ils se plaisent à réciter, les voilà en train de refaire les mêmes gestes. Des gestes pas étrangers à leurs aînés. Jadis quand venait ce moment, tous les garçons et même des adultes allaient à la recherche de ces objets nécessaires à la confection de ces instruments artisanaux de musique : le tam-tam. Ainsi sont ramassés, les bouts de fil de fer, les peaux de mouton, les pots de tomate et même des morceaux de tuyau. Chacun faisait preuve d’imagination et se donnait les moyens pour se faire le tam-tam le plus bruyant possible et le plus désirable. Au vu de la manière dont il leur était appris comment confectionner cet outil, il est apparu que rien n’a changé. 

Ces objets nécessaires collectés, les voilà qui s’empressent de les nettoyer avant de se mettre au découpage de la peau de mouton qu’ils avaient su conserver depuis la Tabaski. La peau de mouton bien tannée puis percée en de très petits trous où sont accrochés des bouts de fils de fer, le tam-tam ainsi prêt à l’emploi est exposé au soleil. Cependant, certains plus engagés vont jusqu’à allumer un feu pour chauffer légèrement le cuir du tam-tam pour lui offrir une meilleure sonorité. 

Lamp Fall, malgré son jeune âge et certains de ses semblables ont compris qu’ils pouvaient tirer profit de ces objets, le temps de la fête. Ils en ont, ainsi produit un certain nombre de  tam-tam qu’ils ont proposé à la vente à ceux-là qui ignorent le processus de fabrication. À ceux-là ils ont  proposé de petits ‘’Tama‘’ vendus à 500 F/ pièce contre 1 000 F pour les grands formats. 

Ce business, ces enfants ne sont pas les seuls à l’avoir flairé. Leurs ainés également sont dans le coup. Pour preuve, des personnes adultes ont été trouvés en train de confectionner des tamas destinés spécialement à la fête de Tajabone. Pape Dioum dit Baye Fall, a accepté de parler de ce business. Lui s’adonne aussi à la fabrication de tam-tams pour les enfants venant des quartiers comme Sacré-Cœur, Liberté 5 et 6 à la recherche de ses produits,  dont les prix varient entre 500 francs et 1000 francs, selon les gabarits. Toutefois, il regrette le fait qu’aujourd’hui cette fête n’est plus célébrée comme lorsqu’il était petit. Une situation qu’il dit comprendre à cause de l’insécurité et surtout du refus des parents de laisser leurs enfants sortir la nuit, à cause des risques permanents.

Lundi 9 Septembre 2019
Dakaractu



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