Société : ‘’Pourquoi devrions-nous promouvoir l’égalité des sexes dans le milieu universitaire et de la recherche’’ (Dr Oumy Ndiaye, chercheure)


Société : ‘’Pourquoi devrions-nous promouvoir l’égalité des sexes dans le milieu universitaire et de la recherche’’ (Dr Oumy Ndiaye, chercheure)
 
Comment faire pour améliorer la position des femmes dans des domaines comme celui de la recherche, constitue aujourd’hui, une problématique que beaucoup d’organisations et d’organismes dans le monde cherchent à résoudre. Ce combat, le Dr Oumy Ndiaye, spécialisée en Économie de la santé à l'Université Cheikh Anta Diop semble en avoir fait son cheval de bataille. 
Pour preuve, elle a profité du 2ème congrès scientifique de Bca Wa-Ethics: harmonisation de l'intégration du genre en Afrique de l'Ouest, qui s’est ouvert ce lundi 22 mars 2021 pour mettre en exergue l’importance de trouver ‘’les solutions pour une amélioration de l'égalité des sexes dans le champ de la recherche en santé et plus particulièrement en recherche biomédicale en Afrique de l'Ouest’’.
 
La chercheuse qui a pris part à cette rencontre virtuelle, a d’abord relevé pour le déplorer, le nombre dérisoire de femmes dans le secteur de la recherche. ‘’En regardant de plus près les statistiques au niveau mondial, quant à la recherche, l’on est tenté de se poser la question de savoir si la recherche a un sexe. Parce qu’en réalité lorsqu’on regarde de plus près les chiffres dans le monde, on voit que seuls 30% des chercheurs sont des femmes tandis qu’elles représentent 48,5% en Europe du Sud-Est, 44,3% en Amérique latine et 16,9% en Asie du Sud. En Afrique, elles ne font que 34% des chercheurs avec des disparités énormes à l’intérieur des pays. Au Sénégal, elles sont 29% des cas’’, regrette l’universitaire qui cite le Cap-Vert en modèle qui ‘’sort du lot avec 52% de femmes chercheures’’’. 
                       
La mise en place de garderie d’enfants dans les universités et instituts de recherche préconisée
 
 
Le Dr Ndiaye a souligné cependant l’existence d’opportunités existant pour inverser cette tendance. C’est le cas, par exemple, des bourses de recherche destinées aux filles/femmes ; la promotion de la gente féminine dans certains projets de recherche ; les initiatives en faveur de la promotion des femmes chercheures tel que les programmes d’égalité des sexes etc...’’ Des opportunités qui, selon elle, sont rudement grevées par des obstacles dressés au niveau institutionnel, familial et environnemental, pesanteurs sociales, entre autres. Lesquels font que ces femmes ne bénéficient pas de ces opportunités qui existent.
 
‘’Cela fait que nous avons jugé utile aujourd’hui de réfléchir sur des pistes de solutions afin de contourner ces obstacles. Et comme solution,  on a fait un diagnostic individuel déjà pour les femmes chercheures. Donc, ce qu’il faut, sur le plan individuel, c’est de renforcer le leadership des femmes, former et renforcer les capacités des femmes ; développer l’autonomie décisionnelle des femmes ; impliquer les hommes dans le processus de sensibilisation’’. Elle indique comme solution sur le plan stratégique, la nécessité d’impliquer les acteurs politiques. ‘’Vu qu’on ne peut pas y arriver sans l’aide des politiques, il faudrait d’abord sensibiliser les acteurs sur la problématique liée à l’égalité des sexes et à l’intégration du genre ; développer des programmes susceptibles de promouvoir l’égalité des sexe dans les universités et instituts de recherche ; offrir des bourses de recherches aux filles/femmes tout en leur donnant plus de facilités dans la mobilité ; encourager les filles à opter les filières scientifiques en posant des mesures d’accompagnement ; réfléchir sur la problématique liée au travail domestique qui limite la disponibilité de bons nombres de filles/femmes chercheures ; impliquer la communauté dans la lutte pour l’égalité des sexes’’.  
 
 
‘’Ce qu’il faut faire au plan institutionnel, familial et environnemental’’
 
Quant au plan académique et institutionnel, il faut, selon le Dr Oumy Ndiaye "sensibiliser et renforcer des capacités des acteurs universitaires ; développer des activités de formation et de sensibilisation aux questions de genre ; des approches de l’intégration de l’égalité des sexes dans les établissements universitaires et de recherche ; la promotion des pratiques sensibles au genre pour soutenir la progression carrière : assurer l’égalité des sexes au niveau décisionnel." À ce propos, il est relevé que ‘’les femmes et les hommes doivent avoir un accès égal et une participation équilibrée à la direction et aux structures décisionnelles (formelles et informelles). La prise de décision elle-même doit être sensible au genre (ou sensible au genre) car elle tient compte des différences entre les sexes et vise à promouvoir l’égalité des sexes’’. 
 
L’universitaire qui entendait définir pourquoi promouvoir l’égalité des sexes dans le milieu universitaire et de la recherche, a eu à relever le besoin implacable d’assurer une bonne culture organisationnelle et favoriser l’équilibre vie professionnelle/vie familiale. Cela passe, selon la chercheuse, par ‘’la mise en place de garderie d’enfants dans les universités et instituts de recherche. Et en plus de réduire la charge indue en matière de soins, des services de garde d’enfants abordables et de qualité permettent aux mères de participer et de s’épanouir dans leur carrière de recherche. Il faut aussi combattre le harcèlement sexuel et sexiste, initier des programmes de monitoring et de coaching individuel
 
En terme de perspectives, le Dr Oumy Ndiaye, spécialisée en économie de la santé a précisé que ‘’des efforts restent à faire en Afrique. Ces rencontres (ce congrès prévu les 22 - 25 Mars 2021) sont l’occasion pour nous de constituer un réseau solide et de renforcer le plaidoyer pour l’égalité des sexes dans les milieux universitaires et instituts de recherches’’. 
Mardi 23 Mars 2021
Dakaractu



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