Serigne Moussa Diop, Conseiller technique du DG des Impôts et des domaines : “L'économie de demain, c'est une économie numérique”

Dans le cadre de l'atelier d'échanges organisé par l'Agence de promotion des investissements et grands travaux sur les réformes de l'environnement des affaires au Sénégal avec un focus sur le Doing business 2019, la Direction des Impôts et des domaines a fait une présentation par le biais de Serigne Moussa Diop. L'Inspecteur principal des Impôts et des domaines, par ailleurs Conseiller technique du DG de la DGID a exposé le thème : “Le paiement des taxes et impôts”.
À ce propos, il a annoncé des innovations pour permettre aux contribuables d'être en règle avec le fisc. Les startup ne sont pas en reste. A ce sujet, Serigne Moussa Diop a révélé que toutes les dispositions ont été prises au niveau de la DGID pour fiscaliser ces entreprises d'un type nouveau.


Vous venez de faire une présentation sur le paiement de taxes et impôts, que peut-on retenir de cet exercice ?

Dans le cadre du Doing business et de la modernisation du climat de l'investissement au Sénégal, il y a un indicateur important qui est la déclaration et le paiement des taxes et impôts. En tant que administration moderne, la DGID tournée vers la satisfaction du public et la satisfaction des usagers contribuables, s'est engagée dans un processus de modernisation des pratiques. C'est ainsi que depuis 2012, cette modernisation s'est amplifiée par la mise en place d'outils de développement modernes tels que la télé procédure et le télé paiement des impôts. La télé procédure consiste à la mise en place d'une plateforme informatique qui permet en temps réel au contribuable de déclarer ses impôts et de les payer en même temps. Si on le compare à la situation d'avant, le contribuable était confronté à cinq (05) types de procédures, d'abord se déplacer au niveau des services de la DGID pour récupérer des imprimés de déclaration fiscale, se rendre à son bureau pour procéder à la déclaration sur le formulaire qui lui a été remis, revenir dans nos services pour déposer sa déclaration et attendre que les services fiscaux puissent liquider les impôts et de revenir ultérieurement pour payer. Donc, c'était toute une paperasserie et une tracasserie qui ne permettaient pas d'avoir des solutions optimum. Au niveau de l'administration aussi, c'était une perte de temps car les agents auraient pu être utilisés à d'autres taches. C'est cette procédure qui a abouti en février 2018 à la mise en place d'une plateforme que nous avons appelé Etaxe qui permet aux usagers de déclarer et de payer ses impôts en ligne.

Lors des débats, il a été question de l'absence d'accompagnement aux entreprises sénégalaises par la DGID. Qu'est ce que vous comptez faire pour rectifier le tir ?

Au cours de nos débats, il y a eu beaucoup de question sur l'encadrement des contribuables mais ça a toujours été une préoccupation de la DGID. Surtout dans ce contexte de réformes, de dématérialisation de nos procédures. Dans ce sens, nous avons même eu à organiser au niveau de la Direction générale des impôts et des domaines, plus particulièrement au niveau de la direction des grandes entreprises, notamment celles qui font plus de 2 milliards de chiffres d'affaires, des sessions de formation. Ces entreprises ont envoyé leurs collaborateurs, des comptables, des conseillers fiscaux à la DGID qui a ce jour, a formé plus de 600 représentants desdites entreprises aux procédures dématérialisées. Ensuite, la DGID a mis en place un bureau de l'accueil, de la qualité et de la communication. Dans ce sens, des services d'accueil ont été installés, des supports informatiques comme les centres d'appel, des foires aux questions (FAQ), des systèmes de messagerie personnalisée pour les grandes entreprises qui peuvent entrer directement en contact avec la DGID et formuler leurs observations pour nous faire part de leurs préoccupations.

Avec l'avènement des NTIC, nous assistons à une naissance effrénée d'une Startup, la DGID ne risque t elle pas d'être prise de court ?

C'est une nouvelle donnée et on ne peut pas arrêter l'évolution technologique. L'économie de demain sera une économie numérique, une économie sociale avec la naissance d'entreprises sociales comme les startup. Des entreprises qui n'ont pas de siège social, de situation stable par rapport à l'entreprise telle qu'on le concevait. Maintenant, avec un ordinateur, on peut créer une entreprise, faire des affaires et gagner beaucoup d'argent. Face à cela, il y a le risque de déperdition des recettes parce que là où on avait une entreprise fixe localisable, rattachable à un service fiscal, on a des startup qui peuvent même se trouver hors du territoire national et faire du business susceptible de générer de la fiscalité. Mais nous sommes une administration très dynamique, très proactive qui essaye d'anticiper sur ces questions-là et nous avons beaucoup investi sur la formation du personnel sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Nous avons anticipé également sur l'équipement de nos services en matière informatique, en mise en place de réseaux de telle sorte qu'à l'heure actuelle, tous les services de la DGID sont connectés et interconnectés. En sus, nous avons depuis juillet 2017, mis en place la Direction générale des grandes entreprises , une direction générale des moyennes entreprises, un certain nombre de services pour appréhender ces startup là pour les fiscaliser au maximum.
Mardi 17 Avril 2018
Dakaractu



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