Mauritanie: vives réactions après l'assassinat et le viol présumés d'une jeune femme


Mauritanie: vives réactions après l'assassinat et le viol présumés d'une jeune femme
La société civile mauritanienne s'est vivement émue du viol et de l'assassinat présumés d'une jeune femme dans le pays, appelant l'Etat "à prendre ses responsabilités" pour la protection de ses citoyennes après plusieurs féminicides ces dernières années.

Le corps sans vie de Fatimata Hamady Ba a été retrouvé par une patrouille de la police dans la nuit du 18 au 19 avril dans un quartier périphérique de la capitale mauritanienne Nouakchott.

L'information, relayée sur les réseaux sociaux, a suscité de vives réactions ces derniers jours en Mauritanie, République islamique et pays conservateur où un débat épineux a lieu depuis plusieurs années sur la question des violences faites aux femmes et l'égalité des genres.

Le procureur de la république, Cheikh Bay El Seyed, a annoncé vendredi, au cours d'une conférence de presse, qu'une enquête avait été ouverte "'immédiatement" après la découverte du corps et l'arrestation au Sénégal voisin d'une personne qui se trouvait avec la victime dans l'appartement où son corps a été retrouvé, sans plus de détails.

Les résultats d'une autopsie faite à la demande de la famille de la victime n'ont "révélé aucune blessure ni trace de violence sur la corps", a affirmé, lors de la même conférence de presse, le directeur de l'hôpital national de Nouakchott, le médecin-colonel Cherif Ould Min, qui a procédé à cet examen.

Une source anonyme à la police judiciaire a affirmé à l'AFP que "la jeune femme n'a été ni violée ni tuée". "Elle est morte d'overdose après s'être droguée dans l'appartement du principal accusé dans cette affaire", a affirmé cette source.

Cet événement a relancé le débat sur la question des féminicides.

- "Vague d'insécurité" -

"C'est avec une indignation profonde et une colère légitime que l'AMPEF a appris l'assassinat brutal de Fatimata Hamady Ba, violée et tuée", avait fustigé plus tôt dans un communiqué l'Association mauritanienne pour la promotion de l'éducation de la fille (AMPEF).

"Ce crime odieux (...) s'inscrit dans une série inacceptable de violences faites aux femmes en Mauritanie", a martelé l'association.

Le militant des droits de l'Homme Elkory Sneiba a estimé auprès de l'AFP qu'"il est temps que l'Etat puisse prendre ses responsabilités pour arriver à circonscrire cette vague d'insécurité".

Le député Khali Diallo s'est dit "profondément ému par cette nouvelle macabre de l'assassinat et du viol de cette jeune femme, venu rappeler d'autres cas similaires enregistrés au cours des dernières années".

"Cette situation est d'autant plus regrettable si l'on sait qu'une loi portée par la société civile incriminant la violence contre les femmes traîne (...) au niveau du Parlement", a-t-il relevé.

Depuis plus de trois ans, la loi dite "karama" (dignité) sur l'égalité des genres est en souffrance à l'Assemblée nationale. Selon ses détracteurs, elle comporte des dispositions contraires à la loi islamique, principale source de droit du pays.

En 2020, Kadiata Sow, la trentaine, avait été retrouvée assassinée après avoir été violée, aux environs de Tiguent, au sud de la capitale.

Entre 2013 et 2017, plusieurs femmes et des filles de six, dix ans et 15 ans, ont été violées et tuées en Mauritanie, certaines ayant été immolée, mutilée ou pendue.
Samedi 25 Avril 2026
Dakaractu



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