Invitée du panel citoyen « Taxaw Saytu » ce samedi, Me Aïssata Tall Sall, avocate et figure politique sénégalaise, a fait une intervention sur la consolidation de l’unité nationale à travers le thème : « Responsabilités des acteurs politiques dans la consolidation de la cohésion sociale. »
Revenant sur les ressorts du débat démocratique et sur l’histoire politique du Sénégal, elle a appelé les acteurs publics à prendre conscience de leur responsabilité dans la cohésion sociale.
Le contradictoire comme culture politique
D’emblée, l’avocate a justifié sa participation au panel par une conviction professionnelle autant que citoyenne. « Je suis habituée, quand je parle, à ce que quelqu’un d’autre se lève et me dise qu’il n’est pas d’accord », a-t-elle rappelé, en référence à sa pratique du prétoire. Pour elle, ce format de débat contradictoire répond à une exigence démocratique : élever le niveau du discours public, enrichir les positions des uns et des autres, et favoriser les corrections mutuelles. Une démarche qu’elle aborde, dit-elle, dans « l’humilité ».
Les acteurs politiques au banc des accusés
Me Tall Sall n’a pas esquivé la question centrale : pourquoi interpeller spécifiquement les acteurs politiques sur la cohésion nationale ? Sa réponse est directe. C’est parce que c’est précisément sur leur terrain que la fissure se creuse. « On a senti que la cohésion nationale est en train de se fissurer, de s’affaiblir », a-t-elle reconnu tout en soulignant que si le climat politique était serein, le débat public se serait naturellement porté sur l’économie, l’éducation ou l’agriculture. La politique, a-t-elle insisté, a toujours été simultanément un facteur de consolidation et un facteur de division au Sénégal : « ce n’est pas récent », a-t-elle précisé.
Un détour par l’histoire constitutionnelle
Pour ancrer son propos, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a convoqué l’histoire politique sénégalaise, de l’ère du multipartisme d’avant l’indépendance au parti unique, puis au multipartisme intégral instauré par Abdou Diouf en 1981. Elle a notamment rappelé l’argumentaire de Léopold Sédar Senghor pour justifier le monopartisme : la nécessité de construire une nation et un État avant de s’autoriser les divisions inhérentes à la compétition politique. Un argument qu’elle a soumis au débat sans le valider ni le rejeter, laissant à Senghor la responsabilité de ses propres convictions.
Me Aïssata Tall Sall a ainsi posé les jalons d’une réflexion plus large sur les devoirs des élites politiques sénégalaises en période de tensions, appelant implicitement à une plus grande responsabilité dans les prises de parole publiques.
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