Saint-Louis - Journées portes ouvertes : Les femmes greffières en communion avec les usagers


Ainsi, le nouveau Palais de justice de la vieille ville était le lieu de rendez-vous des usagers. Une initiative qui a vu la participation des autorités judiciaires, élèves et acteurs de la société civile, tous unis par un même objectif : sensibiliser sur les inégalités persistantes dans l’accès à la justice, notamment pour les femmes. À travers des panels, des échanges et des séances d’information, les participantes ont mis en lumière les nombreux défis auxquels ces dernières sont confrontées.

Dans sa communication, Marie Rose Touré Kane, présidente de l’Association des Femmes greffières du Sénégal a rappelé l’ambition de cette démarche. Selon elle, bien que l’Association soit relativement jeune, deux ans d’existence, elle s’appuie sur une solide expérience professionnelle.

« Nous avons voulu mettre notre expertise au service des justiciables, en particulier des femmes, souvent vulnérables face aux violences et aux injustices », a-t-elle martelé.
La présidente a insisté sur la nécessité de déconstruire certaines perceptions sociales persistantes, notamment celle du « sexe faible ». Elle a souligné que l’accès à la justice est un droit fondamental, encore trop peu exercé par de nombreuses femmes, souvent par manque d’information.

Les échanges ont également permis d’aborder des problématiques concrètes. De nombreuses femmes, a-t-elle indiqué, se retrouvent abandonnées par leurs époux et ignorent les mécanismes juridiques leur permettant de faire valoir leurs droits, notamment en matière de contribution aux charges du ménage ou de succession. L’accent a ainsi été mis sur l’importance de la déclaration du mariage et de la connaissance des procédures judiciaires.

Cette journée a également été l’occasion de débattre sur la problématique de l’autonomisation économique des femmes. Dans une région où les activités féminines reposent principalement sur la pêche, l’agriculture et l’élevage, l’accès au financement reste un défi majeur. Les greffières ont expliqué que la formalisation des activités, notamment via l’inscription au registre du commerce et du crédit mobilier, constitue une étape essentielle pour accéder aux crédits bancaires afin de développer des initiatives économiques.
 

Le choix de Saint-Louis n’est pas anodin. Ancienne capitale du Sénégal et de l’Afrique occidentale française, la ville occupe une place stratégique dans l’organisation judiciaire du pays, couvrant une large partie du territoire national.
Actrices clés du système judiciaire, les femmes greffières ont réaffirmé leur rôle dans l’accompagnement des justiciables.
Vendredi 27 Mars 2026
Cheikh Ba (Saint-Louis)



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