Un nouveau front citoyen est né pour dénoncer ce que ses initiateurs qualifient de « dérives constitutionnelles ». AAR Sunu République a tenu, ce dimanche, son point de presse inaugural pour s’attaquer au processus de révision constitutionnelle engagé par la majorité parlementaire. Ce mouvement regroupe des organisations de la société civile, des partis politiques, des centrales syndicales, des organisations professionnelles, des mouvements citoyens ainsi que des personnalités attachées aux valeurs républicaines. Lors de cette sortie, le Mouvement, par la voix de son porte-parole Babacar Bâ du Forum du Justiciable, a dénoncé une démarche conduite « dans la précipitation » et sans concertation nationale préalable. Selon AAR Sunu République, le chef de l’État avait lui-même initié une procédure de révision constitutionnelle et saisi le Conseil constitutionnel, avec l’intention de soumettre ce projet à un dialogue national. La majorité parlementaire aurait choisi de récupérer ce projet pour en faire une proposition de loi traitée en procédure d’urgence, sans aucune consultation préalable. Pour le Mouvement, cette manière de procéder constitue une rupture avec la tradition démocratique sénégalaise fondée sur la recherche du consensus, transformant la Constitution « qui appartient au peuple » en un simple outil au service d’une majorité parlementaire.
AAR Sunu République estime que cette révision fragilise l’équilibre des institutions et plusieurs acquis démocratiques majeurs et ouvre la voie à de nouvelles incertitudes institutionnelles. Le Mouvement va plus loin en évoquant une « forfaiture institutionnelle » de la part du pouvoir, qui utiliserait sa seule majorité parlementaire pour modifier unilatéralement les règles du pacte républicain. Il exige par conséquent le retrait immédiat et sans condition de la proposition de révision constitutionnelle, ainsi que l’arrêt pur et simple du processus engagé.
Le Mouvement interpelle le président de la République, qu’il exhorte à prendre la mesure de la gravité de la situation et à assumer ses responsabilités de garant de la Constitution, de la stabilité des institutions et de l’unité nationale, en ouvrant de véritables concertations nationales inclusives et transparentes.
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