[ Reportage] Les véhicules « Cheikhou Chérifou » : entre mythe, vitesse et drames routiers au Sénégal

Impliqués dans plusieurs accidents mortels au Sénégal, les véhicules de marque Toyota Hiace, communément appelés "Cheikhou Cherifou" continuent de faire des ravages dans ce pays. Dakaractu vous replonge dans ce reportage, réalisé il y a quelques mois ...


Confortables, modernes et rapides, les Toyota Hiace surnommées “Cheikhou Chérifou” séduisent de plus en plus de passagers. Mais derrière cette popularité se cache une réalité plus sombre : la multiplication des accidents sur les routes sénégalaises. Ils sont impliqués dans plusieurs accidents mortels, ces derniers mois au Sénégal, notamment dans les régions. 

Un surnom qui traverse le temps

À Pikine, à la gare des Baux Maraîchers, le nom “Cheikhou Chérifou” résonne dans la bouche des chauffeurs et des passagers. Selon plusieurs anciens transporteurs, l’expression trouve son origine en 1998, lorsqu’un enfant surnommé Cheikhou Chérif, considéré comme un miraculé, avait marqué les esprits. Depuis, ce sobriquet a été attribué à ces voitures Toyota Hiace dernier cri, aujourd’hui synonymes de vitesse et de puissance.

L'inquiétude des chauffeurs...

Si les clients plébiscitent ces véhicules pour leur confort, leur climatisation et leur rapidité, les chauffeurs expérimentés tirent la sonnette d’alarme. "Ces voitures poussent les jeunes chauffeurs à la vitesse, parfois à l’inconscience ", alerte Pape Ndao, chauffeur depuis plus de vingt ans.

La course à la clientèle, le manque de discipline et parfois l’absence de formation rigoureuse transforment ces atouts mécaniques en véritables dangers publics.


Du côté des "Cokseurs" (courtiers) et garagistes, une autre cause est pointée du doigt, il s'agit selon eux de  l’arrêté interdisant la circulation des véhicules de transport entre minuit et 6h du matin.  " Cet arrêté pousse les conducteurs à accélérer pour terminer leurs courses avant l’heure limite. C’est dangereux, il faut le revoir" , dénonce un garagiste.

Entre popularité et drames, le phénomène " Cheikhou Chérifou" place les autorités face à un dilemme. Faut-il restreindre leur utilisation, ou plutôt mieux encadrer leur exploitation à travers plus de formation, de contrôles techniques et une réglementation adaptée ?

Une chose est sûre, tant que ces véhicules continueront de dominer les gares et les routes sénégalaises, le comportement des chauffeurs favorisant les accidents va demeurer.

Idy Sow (Stagiaire)
Vendredi 9 Janvier 2026
Dakaractu




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