Le feuilleton judiciaire opposant le Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang est loin de connaître son épilogue. Selon L’Observateur, l’affaire relative à la dissimulation frauduleuse présumée d’un bien immobilier a été examinée, hier, en audience de répartition au Tribunal de grande instance (TGI) hors classe de Dakar, avant d’être renvoyée au 11 février prochain devant la 3ᵉ Chambre civile.
Une audience de répartition, puis un renvoi stratégique
Ouvert le lundi 2 février 2026, le dossier a été appelé pour permettre la répartition des affaires entre les différentes chambres du TGI hors classe de Dakar. À l’issue de cette étape procédurale, l’affaire a été transférée à la 3ᵉ Chambre civile, compétente pour en connaître sur le fond.
« L’affaire a été reportée au 11 février prochain devant la 3ᵉ Chambre civile du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Le Tribunal a procédé aujourd’hui à la répartition des dossiers. Les parties doivent désormais prendre des écritures et communiquer les pièces sur lesquelles elles fondent leurs prétentions », a confié à L’Observateur un avocat de la défense de Mame Mbaye Niang.
Ce délai d’une dizaine de jours permettra aux deux camps d’affûter leurs arguments et de produire les éléments juridiques censés étayer leurs positions.
Un nouveau volet d’un contentieux déjà lourd
Ce nouvel épisode s’inscrit dans le prolongement du jugement n°176/2023 du 30 mars 2023, qui avait reconnu Ousmane Sonko coupable de diffamation, le condamnant à deux mois de prison avec sursis et au paiement de 200 millions de FCFA à Mame Mbaye Niang à titre de réparation du préjudice subi.
Pour obtenir l’exécution de cette décision, les avocats de l’ancien ministre ont saisi la justice civile, estimant que la mutation du droit au bail du lot R/17, d’une superficie de 264 m², situé à la Cité Keur Gorgui, relève d’une manœuvre frauduleuse destinée à soustraire ce bien à l’action du créancier.
Malgré les arrêts de la Cour suprême, le combat continue
Comme le rappelle L’Observateur, cette procédure intervient pourtant après plusieurs décisions majeures de la Cour suprême, notamment l’arrêt n°01 du 4 janvier 2024 et l’arrêt n°31 du 1ᵉʳ juillet 2025 des Chambres réunies, qui avaient définitivement clos le contentieux pénal et empêché Ousmane Sonko de se présenter à la présidentielle de février 2024.
Mais loin de mettre un terme au bras de fer, ces arrêts ont déplacé le combat sur le terrain civil et patrimonial. Les deux protagonistes poursuivent les prolongations judiciaires, sans concession.
La défense de Niang évoque un appauvrissement volontaire
En réaction à la volonté de révision du procès évoquée par le camp Sonko et soutenue par la Garde des Sceaux, Yassine Fall, les avocats de Mame Mbaye Niang ont contre-attaqué en invoquant une dissimulation frauduleuse d’actif.
Selon eux, « le sieur Ousmane Sonko s’est volontairement et sciemment appauvri pour ne pas payer la créance liquide, certaine et exigible de Monsieur Mame Mbaye Niang ». La défense s’appuie sur l’article 200 du Code des obligations civiles et commerciales, qui dispose que le débiteur répond de sa dette sur l’ensemble de ses biens présents et à venir.
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