Réforme constitutionnelle : L’APR exige un référendum


Réuni ce vendredi 13 juin à Dakar, le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République a rendu public un communiqué dans lequel il dénonce à la fois la méthode et le contexte de la révision constitutionnelle engagée par la majorité parlementaire, appelant à une mobilisation citoyenne pour exiger la tenue d’un référendum.

 

Pour l’APR, le tableau d’ensemble est préoccupant. Le parti de l’ancien président Macky Sall pointe une dégradation continue des conditions de vie, une érosion du pouvoir d’achat, la persistance du chômage, des coupures d’électricité récurrentes et une crise institutionnelle qui fragilise la confiance des citoyens comme celle des investisseurs. Dans ce contexte, le choix du pouvoir de prioriser des réformes institutionnelles apparaît aux yeux du SEN comme un aveu de déconnexion avec les urgences du quotidien.

 

Sur le fond de la réforme elle-même, l’APR tire à boulets rouges. Le parti dénonce d’abord ce qu’il qualifie de « regrettable lutte de paternité » entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale, chacun cherchant à s’attribuer le mérite d’une initiative dont la genèse révèle, selon lui, les rivalités qui minent le sommet de l’État. Plus grave encore, souligne le communiqué, la proposition de loi parlementaire tente de court-circuiter le projet présidentiel alors même que celui-ci avait déjà été soumis pour avis au Conseil constitutionnel, ce qui constitue à ses yeux une précipitation révélatrice de calculs politiques plus que d’une volonté sincère de réforme.

 

L’APR s’en prend également à la méthode, dénonçant l’absence totale de concertation préalable avec les forces politiques, la société civile, les syndicats, les universitaires et les citoyens. Une telle démarche, estime-t-elle, est en contradiction avec l’esprit même d’une révision constitutionnelle censée refonder le pacte républicain. Le parti n’hésite pas à rappeler à la majorité ses propres engagements passés : ceux qui dénonçaient hier les révisions constitutionnelles imposées d’en haut et réclamaient davantage de participation citoyenne choisissent aujourd’hui, relève-t-il avec ironie, d’écarter le peuple d’un débat qui touche au cœur des institutions.

 

Fort de ce constat, l’APR pose une ligne rouge : aucune modification aussi profonde de la Constitution ne peut être engagée sans l’approbation directe du peuple par voie référendaire. « Une Constitution n’appartient ni à un Gouvernement, ni à une majorité parlementaire, ni à une coalition politique. Elle appartient au peuple sénégalais », martèle le communiqué.

Lundi 15 Juin 2026
Dakaractu



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