Rapport 2020 sur la gestion de la Covid-19 : La Raddho dissèque les inadéquations face au respect des droits humains.


Rapport 2020 sur la gestion de la Covid-19 : La Raddho dissèque les inadéquations face au respect des droits humains.
Le Sénégal a commencé depuis mars dernier, à faire face à la pandémie du coronavirus qui a pris ses racines à Wuhan, dans une province en Chine. Depuis, le président de la République, Macky Sall, s'est engagé à mettre en œuvre une politique sanitaire avec tous les moyens qui s'imposent pour endiguer le virus et éviter à notre pays, "une calamité publique". Ainsi, pour faire face à cette crise sanitaire exceptionnelle, l'État s'est  rabattu sur cette vieille loi de l'état d'urgence pour ainsi, se donner les moyens juridiques de prendre une panoplie de mesures.

Se fondant sur cette loi, le président Macky Sall a instauré le couvre-feu et mis en berne de nombreuses libertés, renforçant parallèlement les pouvoirs de la République.
Dans son rapport, la rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme aura constaté qu'après trois mois de confinement, "les populations ont, dans plusieurs villes, organisé des manifestations contre ces mesures pour pousser l'Etat à les alléger". Par conséquent, après avoir posé un certain nombre de questions sur la pertinence de ces mesures, la Raddho considère qu'elles ont révélé une certaine inadéquation avec les dispositions constitutionnelles, le respect de certains droits et l'État de droit".

D'après le rapport mis à notre disposition, la limitation des possibilités de contrôle parlementaire sur les décisions étatiques qui a abouti à la prise directe de décisions par le gouvernement qui était du ressort du parlement, fait partie des inadéquations. Sadikh Niass et ses collaborateurs citeront également la limitation des possibilités du contrôle juridictionnel sur les décisions étatiques avec comme conséquence, "cette suspension" des cours et tribunaux qui auront inéluctablement des répercussions sur les usagers du service public de la justice, de même que sur les prisons et la population carcérale.

Un autre facteur bloquant est celui de l'assistance des migrants. Les définissant comme le groupe qui fait partie de ceux qui ont beaucoup souffert de ces mesures prises par l'État du Sénégal, la Raddho aura regretté que malgré les orientations de l'Union Africaine et de la CEDEAO, le Sénégal n'a pas, dans son plan d'urgence national de riposte, un volet "assistance aux groupes vulnérables", ni prévu aucune stratégie claire. Il est d'ailleurs à souligner que ce groupe est très actif dans le secteur informel pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles.

En revanche, la Raddho donnera quelques points appréciables notamment dans le cadre du retrait des enfants dans la rue. "Des résultats concrets et appréciables ont été visibles dans ce domaine même si, après l'allègement et la levée des restrictions, certains talibés qui étaient rentrés chez eux à la faveur des actions contre la covid-19, sont revenus en ville pour reprendre leurs activités "normales".

Selon la Raddho, tous ces exemples illustrent à suffisance que les pouvoirs constitutionnels sont "confinés" et qu'il y a une remise en cause d'un certain nombre de garanties par la constitution et les conventions aux droits humains. Plusieurs d'entre elles sont dès lors inefficaces et inadaptées à nos réalités socioculturelles et religieuses.
Lundi 30 Novembre 2020
Dakaractu



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