Mouvement d’humeur à l’AIBD : Les agents de 2AS sortent les brassards rouges et réclament la tête du Dg, Askin Demir.


La reprise des activités économiques à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD ) de Diass n’est pas de tout repos. En effet, au-delà de la pandémie de la Covid-19 qui ne facilite rien, le climat social est assez tendu entre agents et dirigeants de l’AIBD Assistance Service (2AS.) 
Dans une déclaration signée par le collège des délégués du personnel de la plateforme AIBD Assistance Service (2AS), le départ du directeur général, Askin Demir, est réclamé. Dans une série de revendications et surtout de dénonciations, la gestion du dirigeant Turc a été vivement fustigée par une grande partie de ses employés réunis autour de cette plateforme revendicative. Entre les difficiles conditions de travail et les licenciements jugés abusifs, les agents de 2AS ont sorti les brassards rouges ce vendredi, en guise de protestation.
 
Joint par téléphone, c’est depuis l’AIBD que El Hadji Moussa Samba, le coordonnateur du collège des délégués nous a un peu plus éclairé sur la situation.  « On est là depuis décembre 2017, on n’a eu à faire des réclamations, des points de revendications qui nous avaient amené à l’inspection régionale de Thiès à deux reprises avec la direction générale de 2AS. Par rapport au matériel de service qu’on a jugé vétuste, pour ce qui est des tenues également on a reçu deux dotations… Actuellement on ne recoit plus ces dotations. Les conditions de travail sont extrêmement difficiles à Diass par rapport aux horaires, à la rémunération, aux disparités salariales entre entités (SHS et AHS) », dénoncera-t-il.
 
Comme mentionné dans leur déclaration rendue publique ce vendredi, le coordonnateur d’informer : « On a déposé la pétition qui suit son cours, actuellement on l’a remis à qui de droit, au niveau du conseil d’administration et des autorités étatiques. » Revenant aux faits qui ont conduit à leur mouvement d’humeur matérialisé par le port de brassards rouges et le ralentissement des activités opérationnelles, Mr Samba d’expliquer : « Un de nos camarades, un conducteur a cogné une passerelle ici, ça peut arriver en temps normal. Hier (Jeudi 23 juillet) on a reçu la notification de licenciement d’un de nos agents, Ousmane Diabaye. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui (Vendredi 24 juillet) on est en mouvement d’humeur. On a jugé utile de faire un ralentissement des activités et le port d’un brassard rouge pour montrer notre mécontentement. »
 
D’après lui, faisant fi de leurs revendications, c’est avec mépris et défiance que le Dg de 2As continue son œuvre destructrice « Le directeur général, Mr Askin Demir, a pris la décision ferme de licencier tout agent ayant commis une faute à 2AS, quelle que soit la nature ou la gravité de l'incident. »

Une forme de vendetta que le décisionnaire Turc aurait décidé de mener contre ses employés. C’est du moins ce que laisse apparaitre la déclaration paraphée par les délégués : « Ces décisions sont prises en guise de représailles contre le personnel qui, avec son collège des délégués, ont demandé le départ du directeur général à travers une déclaration signée le 31 mai 2020 par les délégués, à travers une plante déposée à l'inspection du travail du travail de Thiès le 4 juin 2020, et par la pétition signée à plus de 95%... Pour démontrer que cette demande de départ émane directement des travailleurs et non des partenaires sociaux comme l'a signifié le Dg aux autorités. » 

Une attitude qui ne semble pas faire reculer Mr Demir renchérissent les délégués qui regrettent son attitude de défiance affichée. « Aujourd'hui force est de constater une énième fois que Mr Askin Demir, malgré toutes les déclarations publiées, les alertes lancées, les convocations à l'inspection du travail, les médiations des partenaires et autorités du pays, ne respecte pas les travailleurs en engageant des représailles à l'encontre du personnel. »
 
Les plaintes à l’inspection régionale de Thiès et les tentatives de médiation auront permis d’avoir des acquis, reconnaîtra tout de même El Hadj Moussa Samba. « On nous a convoqué à deux reprises à l’inspection du travail. Au mois de février, on y a été, on a même signé un PV de réconciliation. Mais par la suite, il y a eu beaucoup de points qui étaient sur la plateforme, qu’il n’a pas respectés, comme la retraite complémentaire qu’on exigeait. La deuxième fois, on n’a pas trouvé de consensus, mais il avait pris l’engagement de respecter tous les points de revendications : L’harmonisation des agents promus depuis une année qui devaient être régularisés etc... Le seul hic, c’est la retraite complémentaire qu’il nous avait promise … »Une revendication dont la satisfaction risque d’être compliquée dans ce contexte ou la covid-19 a fini d’asphyxier et mettre en péril la santé financière des entreprises. 

Toujours est-il que les pétitionnaires, dans leur déclaration commune, ont fait savoir que « Cet acharnement est déjà entamé avec la notification de licenciement de Mr Ousmane Diabaye, conducteur au service RAMP, suivi des auditions de Mr Joseph Bernard Fadel Diémé et de Mr Oumar Toumbou qui devraient avoir la même sanction, ne peuvent rester sans réponse… Le collège des délégués du personnel considère ces licenciements comme une déclaration de guerre contre les travailleurs  contre les travailleurs et va engager la riposte sur le terrain... Il a poussé le bouchon trop loin en affichant son mépris de la partie sénégalaise devant les inspecteurs en menaçant les délégués, lors de la première séance de conciliation, ou en voulant quitter la réunion convoquée par l'inspecteur pendant la seconde phase de conciliation. »


De plus, pour dénoncer l’illégalité des décisions administratives du Dg de 2AS, le coordonnateur du collège des délégués de renvoie à l’ordonnance du chef de l’État : « En période de covid-19, si l’on prend ne serait-ce l’ordonnance que le président Macky Sall a sortie, il n’était pas question de licencier qui que ce soit. Mais il ne l’a respecté parce que actuellement on s’est séparé de nos intérimaires et des agents dont les CDD sont arrivés à terme… Depuis le mois de mars, il voulait le faire mais il a continué à payer les salaires à hauteur de 80%, on le reconnaît. »


D’ailleurs, il soulignera que le ministre de tutelle les avait même reçus en vue d’un apaisement entre les deux parties. « Moi-même qui vous parle j’ai été convoqué au ministère par le directeur de cabinet du ministre, Oumar Khassimou Dia. Même le ministre nous a reçus avec le directeur général. Il lui demandé de maintenir apaisé le climat social au sein de cette plateforme. Son attitude peut être considérée comme un manque de respect à l’autorité Sénégalaise. »
 
Désormais un retour en arrière semble compliqué si l’on en croit la détermination de ses agents plus que jamais sur le pied de guerre. « On n’exclut pas d’aller en grève  s’il ne cesse pas ses représailles… On a rédigé un préavis de grève et on compte saisir l’inspection du travail conformément à la procédure. » La riposte sera à la hauteur de son entêtement, concluront-ils à la fin de leur déclaration.


Vendredi 24 Juillet 2020
Dakaractu




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