Lutte contre le terrorisme au Sahel : l’expert Serge Michailof doute des capacités de la France


Lutte contre le terrorisme au Sahel : l’expert Serge Michailof doute des capacités de la France
« Sahel : et si la France s'embourbait au Mali », tel est le titre d’une tribune de Serge Michailof, chercheur associé à l'Iris, senior Fellow à la fondation Ferdi, administrateur du Conseil des investisseurs en Afrique (CIAN) et de l'ONG GRET et auteur du livre « Africanistan : l'Afrique en crise va-t-elle se retrouver dans nos banlieues ? », publié chez Fayard en 2015.

« En dépit de quatre ans de soutien apporté à l'armée malienne par Paris, les États-Unis et l'Union européenne, celle-ci est en effet manifestement toujours incapable de contenir la propagation de l'insécurité. Ce qui est particulièrement grave est que cette insécurité s'étend non seulement dans un nord devenu ingouvernable, mais aussi dans le centre très peuplé du pays, où les touristes allaient autrefois admirer les falaises du pays Dogon. Dans toute cette région, dès que l'on sort des grandes villes de Mopti et de Ségou, l'administration malienne – de la gendarmerie aux écoles et aux services de santé – a tout bonnement disparu. L'insécurité du Mali commence désormais à gangréner le nord du Burkina Faso et le nord-ouest du Niger », alerte l’expert dans les colonnes du journal français Le Point.

« En réalité, les appuis financés à grands frais par l'Union européenne, dont bénéficient tant l'armée malienne (EUTM) que la gendarmerie et les autres services de sécurité (Eucap), ne peuvent avoir qu'une efficacité très limitée tant qu'ils hésitent à aborder les aspects politiques qu'implique toute réforme profonde d'une institution publique dans ces pays – qu'il s'agisse de l'armée, d'une banque de développement ou d'un ministère des Finances.

Dans les pays dits fragiles comme le Mali, la plupart de ces institutions sont, en effet, la proie de réseaux clientélistes qui sont une grave source d'inefficacité. Toute réforme institutionnelle qui se limite à apporter de la formation, de l'assistance technique, des véhicules et des ordinateurs sans « renverser la table » et remettre radicalement en cause ce modèle classique passe ainsi à côté du problème », ajoute Serge Michailof.
Mardi 17 Avril 2018
Dakaractu



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