Lamine Coulibaly alias Abou Jafar : “Mon emprisonnement au Nigeria”


Lamine Coulibaly alias Abou Jafar : “Mon emprisonnement au Nigeria”
Au neuvième jour du procès de l'Imam Alioune Badara Ndao et ses co-accusés, c'est Lamine Coulibaly alias Abou Jafar qui a ouvert le bal des auditions. Le natif de Bokijawé (région de Matam), 25 ans affirme avoir été arrêté en Mauritanie alors qu'il allait récupérer le téléphone que lui avait offert Mouhamed Ndiaye alias Abou Youssouf.
De taille élancée, l'accusé qui se présente comme un étudiant en arabe et s'exprime en sarakholé fait savoir à la chambre criminelle qu'il a fait le voyage du Nigeria en même temps que Maimouna Ly, Ibrahima Diallo et Mody Tall. Lamine Coulibaly a révélé que son voyage a été financé par Ibrahima Bâ à raison de 150 000 FCFA.
L'accusé a aussi indiqué que contrairement à une bonne partie de sénégalais ayant rallié les bastions de Boko Haram, à partir de Kaolack, lui et son groupe ont quitté Dakar pour Bamako avant de passer à Ouagadougou. Le reste du chemin est similaire à celui emprunté par les autres Sénégalais. Sauf qu'à Niamey, Ibrahima Diallo et Maimouna Ly ne pouvaient plus poursuivre le voyage, faute de liquidités, précise l'accusé.
Pendant ce temps, Lamine Coulibaly et son compère Mody Tall franchissait la frontière entre le Niger et le Nigeria, à Abadam. Son séjour n'a duré que cinq jours avant qu'il ne soit acheminé à Fathul Moubin (Gwoza). Ville qu'ils ont du quitter en catastrophe au motif qu'il n'y avait plus de sécurité. Mais le natif de Bokijawé dément avoir pris part aux combats ou même avoir appris à manier une arme. Pourtant, devant les enquêteurs, il avait reconnu avoir pris les armes aux côtés des combattants de Boko Haram. Lamine Coulibaly a confié à la chambre criminelle qu'une fois à Fathul Mubin, il est tombé malade et a du être hospitalisé même s'ils ne se souvient pas de la structure sanitaire qui l'a accueilli. Conduit à Sambisa connu pour être le dernier bastion de Boko Haram, Lamine Coulibaly alias Abou Jafar nie avoir eu à rencontrer les chefs de Boko Haram. Comme nombre de ses compatriotes qui étaient déçus de ce qu'ils ont trouvé au Nigeria, ils prennent le chemin du retour après que Matar Diokhané a plaidé en leur faveur auprès d'Abubakar Shekau. Seulement, son retour au pays ne sera pas aussi simple que celui de ses compatriotes.
Mon emprisonnement au Nigeria
Après l'étape de Handaq, Lamine Coulibaly raconte à la chambre criminelle qu'il a été arrêté avec Moustapha Faye et Ibrahima Mballo par des éléments armés "que je ne peux pas identifier". Tout ce qu'il sait, c'est qu'il a été dénoncé.  Détenus à Gaidam, une localité du Nigeria, les trois Sénégalais sont transférés dans une autre prison où pendant deux mois, ils sont soumis à un traitement presque inhumain au motif qu'ils appartenaient au mouvement Boko Haram. Un traitement que des deux des leurs, Moustapha Faye et Ibrahima Mballo n'étaient pas en mesure de supporter. Le premier succombe tandis que le second voyait son état de santé se dégrader de jour en jour. "On ne se lavait pas, on ne pouvait même pas faire nos ablutions", se remémore Lamine Coulibaly selon qui, c'est suite au décès de son compatriote Moustapha Faye qu'ils ont changé de prison. Deux semaines après, les revoilà à nouveau dans un autre pénitencier avant d'atterrir à Abuja. Ils n'ont dû leur salut qu'à l'intervention de l'ambassadeur du Sénégal au Nigeria. Libérés, les deux Sénégalais rentrent au pays.
A la suite de cela, Lamine Coulibaly se rend à Bokijawé pour discuter avec ses parents de son projet d'aller en Mauritanie pour poursuivre ses études. Mais une fois dans ce pays, il a été arrêté pour avoir tenté de se rendre en Libye, en compagnie d'autres Sénégalais dont le plus connu est Mouhamed Ndiaye dit Abou Youssouf. 
Lundi 23 Avril 2018
Dakaractu




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