L'ex-putschiste Damiba a été extradé du Togo vers le Burkina


L'ancien président de transition burkinabè, l'ex-lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba a été extradé du Togo vers son pays natal où il est accusé d'être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, ont indiqué les autorités de Lomé, mardi.

M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 lors un coup d'Etat contre le président élu de l'époque, Roch Kaboré, avant d'être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir.

Parti en exil au Togo, il est régulièrement accusé par la junte de Ouagadougou d'être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière au début du mois.

M. Damiba a été arrêté à Lomé le 16 janvier, "en exécution du mandat d'arrêt qui faisait corps avec une demande d'extradition reçue", quatre jours plus tôt, de la part des autorités burkinabè, a indiqué le ministre togolais de la Justice, Pacôme Adjourouvi dans un communiqué, lu mardi à la télévision publique.

La cour d'appel de Lomé a donné un "avis favorable" à la demande d'extradition et M. Damiba a été "remis aux autorités" du Burkina Faso, le 17 janvier.

Il est poursuivi pour "détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux".

Le ministre de la Justice togolais précise que l'avis favorable d'extradition a été accordé notamment car des "garanties" ont été données par le Burkina quant au respect de l'intégrité physique de M. Damiba, et son droit à un procès équitable.

Il mentionne également "l'absence de la peine de mort", même si le Burkina l'a récemment réintroduite, pour des crimes de haute trahison.

Mardi après-midi, les autorités de Ouagadougou n'avaient pas communiqué sur le sujet.

Fin 2024, le capitaine Traoré avait dit "espérer" l'extradition de M. Damiba, qui avait été radié de l'armée à cette même époque pour "intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes" visant à déstabiliser le Burkina.

- Accusations régulières -

Depuis sa prise de pouvoir, la junte du capitaine Traoré a annoncé avoir déjoué plusieurs tentatives de déstabilisation, et accuse régulièrement M. Damiba.

La dernière en date remonte au 3 janvier: dans les jours qui ont suivi, une série d'"aveux" de complices présumés ont été égrenés à la télévision d'Etat. Tous affirmaient avoir agi sur instruction de M. Damiba.

Le capitaine Traoré mène une politique souverainiste et anti-impérialiste, particulièrement hostile à l'ancienne puissance coloniale française, dont il a chassé les soldats présents pour lutter contre les jihadistes début 2023.

Il s'est tourné vers de nouveaux partenaires, à commencer par ses voisins, le Niger et le Mali confrontés aux mêmes violences jihadistes et gouvernés également par des juntes militaires.

Ensemble, ils se sont notamment rapprochés de la Russie et ont formé une confédération, l'Alliance des Etats du Sahel (AES).

Ils ont quitté la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cedeao) dont fait toujours partie le Togo.

Mais Lomé entretient de bonnes relations avec les pays de l'AES et occupe une position stratégique grâce à son accès à la mer dont les trois pays sahéliens sont privés.
Mercredi 21 Janvier 2026
Dakaractu



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