KOLDA : dégradation de l’environnement, coupe de bois abusive, assèchement des cours d’eau, hausse des températures…le réchauffement climatique une réalité…


Le réchauffement climatique est une réalité constatée avec impuissance à Kolda. Et celle-ci se traduit par la dégradation de l’environnement, la coupe de bois abusive, l’assèchement des cours d’eau et l’utilisation des pesticides. Mais également à cela s’ajoutent une hausse des températures annuellement et les précipitations inexplicables. En ce sens, nous avons effectué une visite au fleuve Casamance, aux alentours de la ville pour y voir plus clair. Ce qui était un signal il y’a quelques années devient une réalité au Fouladou car les populations constatent comme tout le monde malgré eux, les changements climatiques. Mais l’espoir n’est pas perdu puisque des organisations de la société civile et les services compétents de l’État sensibilisent et font des reboisements chaque année.  

Aujourd’hui, par exemple, le lit du fleuve Casamance à Kolda jadis rempli toute l’année est devenu l’ombre de lui-même. Et ceci est le résultat de l’action de l’homme sur son environnement en y déversant des ordures ménagères entre autres. Et toutes ces actions néfastes de l’homme ajoutées au manque de pluies ont tari le fleuve. Aujourd’hui, il y’a plus de sable et d’ordures que d'eau sur le lit de ce fleuve. Et d’ici peu, les populations vont le traverser à pied pour rallier les quartiers situés de part et d'autre. Et pis encore toute la végétation qui étaient au centre-ville où se reposaient les individus avec leur feuillage touffu mêlé aux singes a été coupé pour des actions d’utilité publiques.  

Dans la région avec la coupe de bois abusive surtout dans les départements de Vélingara et de Médina Yoro Foula, la forêt disparait progressivement. Et les arbres abattus pour l’exploitation agricole accentuent le réchauffement climatique. Et l’utilisation des pesticides pour le maraichage et l’agriculture contribuent aussi à l’appauvrissement des sols sur lesquels repose la végétation. La région n’a jamais connu pareille situation écologique selon les individus interrogés sur la question. 

Pour Sassoum Lèye Kouyaté, professeur de géographie, « le réchauffement climatique est une réalité à Kolda. Cela est dû au dérèglement au niveau des différentes saisons. Aujourd’hui, avec la coupe abusive de bois, notre région vit une canicule jamais connue auparavant. C’est pourquoi, il nous faut un engagement communautaire et étatique pour inverser la tendance. D’ailleurs, la situation du lit du fleuve Casamance en est un exemple illustratif car étant devenu un dépotoir d’ordures… » 

Le constat est alarmant puisque toutes les populations situées le long de la berge du fleuve Casamance ne peuvent plus tirer profit de leurs activités, notamment la pêche et le maraichage. Par exemple à Vélingara dans la zone de Wassadou avec le kayanga, l’eau devient de plus en plus rare. Et cette situation crée parfois des tensions entre les éleveurs et les petits exploitants maraichers.  

Aujourd’hui, la rareté du poisson d’eau douce très prisé par les populations est devenue un luxe. Pour se l’offrir, il faut débourser plus avec ces temps de crise économique. Dans cette lancée, nous avions posé la question aux pêcheurs du village de Kégnékégnébato (commune de Saré Yoba Diéga) qui expliquaient leur désarroi avec impuissance. À cette occasion, ils nous confiaient que le fleuve se tarit d’année en année faisant entrevoir une baisse de leurs revenus. Et selon eux, ce désastre rampant est le fruit néfaste des activités de l’homme sur l’environnement. 

Mais ayant compris les enjeux, des organisations de la société civile comme Urgence écologique et l’État conjuguent leurs efforts pour sensibiliser les populations. En ce sens chaque année, ces entités reboisent plusieurs hectares afin de lutter contre le réchauffement climatique. 

À l’instar des autres pays, le Sénégal est touché par le phénomène. Et la région de Kolda n’est pas en reste, jadis verdoyante et pluvieuse. En ce sens, la COP 27 en Égypte doit jouer un rôle important pour le climat dans l’immédiat afin de préserver ce qui reste pour les générations futures... 

Lundi 14 Novembre 2022
Dakaractu




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