Interrogé lors d’une interview avec la presse française sur les raisons du maintien par la France de la garantie de convertibilité du franc CFA à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, le président Macron a revendiqué le bilan des réformes engagées en 2019, tout en renvoyant clairement la responsabilité de la suite aux dirigeants africains concernés. Il a rappelé que c’est à Abidjan, en 2019, qu’il avait annoncé la levée de l’ensemble des obligations contraignantes historiquement liées au franc CFA. « Tous les systèmes de réserve qui existaient ont été levés », a-t-il insisté, précisant que seule la garantie de convertibilité, c’est-à-dire le mécanisme évitant que le change soit totalement flottant, a été maintenue. Et pour cause, ce maintien aurait été explicitement demandé par les dirigeants africains eux-mêmes, soucieux de protéger leurs monnaies contre les attaques spéculatives. « Si je ne l’avais pas maintenue, on m’aurait dit : vous nous abandonnez », a-t-il expliqué.
Le chef de l’État français a néanmoins affiché une position claire sur la direction à prendre. Selon lui, l’intérêt bien compris des pays de l’UMOA est de tourner définitivement la page, en changeant le nom de la monnaie et en approfondissant l’intégration régionale au sein de la CEDEAO. « On arrête avec le nom franc CFA, on sort du système et de ses contraintes », a-t-il résumé, avant d’ajouter aussitôt : « Mais c’est à leur main. » Pour redonner une dynamique à ce dossier en suspens depuis plusieurs années en partie en raison du Covid et de la guerre en Ukraine, Macron a indiqué avoir mandaté Jean-Michel Séverino pour renouer le dialogue avec les dirigeants concernés. Il a également évoqué un entretien récent avec le président ivoirien Alassane Ouattara, qui aurait indiqué son intention d’en reparler avec plusieurs chefs d’État de la région, y compris ceux qui ne font pas partie de l’UMOA. « Maintenant, j’attends vraiment d’eux qu’ils aillent au bout », a conclu Macron, plaidant pour une intégration commerciale, économique et monétaire la plus large possible à l’échelle ouest-africaine.
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