KOLDA / Entretien avec Aliou Badara Sané, membre du mouvement des cadres de Pastef : « Parler du troisième mandat fait revenir notre pays dix ans en arrière… Le "Nemeeku Tour" fait peur au pouvoir… »


KOLDA / Entretien avec Aliou Badara Sané, membre du mouvement des cadres de Pastef :  « Parler du troisième mandat fait revenir notre pays dix ans en arrière…  Le "Nemeeku Tour" fait peur au pouvoir… »

Aliou Badara Sané, membre du mouvement des cadres du parti Pastef et président du mouvement Lumière progressiste du Fouladou,  nous a livré au cours d'un un entretien  ses motivations et ses ambitions. Mais également, il est revenu sur la question du probable troisième mandat du président de la République qu’il considère comme « anticonstitutionnel » et source « d’instabilité politique ». 

Dans cet entretien, il passe au peigne fin toutes les questions nationales de l’heure, les défis et enjeux de sa région (Kolda) pour la prochaine présidentielle de 2024. 

À l’en croire, « la question du troisième mandat probable de Macky Sall occupe actuellement la politique dans notre pays. Je ne suis pas un anti-constitutionnaliste et je ne peux pas être d’accord avec la délinquance constitutionnelle ni institutionnelle. » C’est ce qui lui fait avancer « parler du troisième mandat fait revenir notre pays dix ans en arrière, une question qu’on pensait déjà réglée qui revient sur la table. Et d’ailleurs, celle-ci a été activée à nouveau par des gens qui s’étaient même portés en bouclier contre un président qui comptait briguer un troisième en l’occurrence Abdoulaye Wade en 2012. On ne comprend pas nos hommes politiques. Ce que ces derniers reprochaient à Maître Wade, ils font la même chose (ma wakhon wakhéte). Ils ont peut-être peur des probables poursuites après leur chute. Mais ce qui est sûr, nous pensons que le troisième mandat du président de la République est une éventualité aujourd’hui,  même s’il ne s’est pas prononcé là-dessus encore. » Dans la foulée, il précise : « c’est pourquoi, nous voyons que toutes les actions menées par ses partisans vont dans ce sens. Aujourd’hui l’augmentation du budget du ministre de la sécurité publique et des moyens de répression justifient ces actions. Nous pensons que ceci va nous mener à une présidentielle houleuse car il voudra briguer un troisième mandat. C’est pourquoi, on ne peut pas être en phase avec ça. Pour la pérennité de la stabilité politique et sociale, il ne devrait pas se représenter pour un troisième mandat. »  

Revenant sur la visite de proximité d’Ousmane Sonko, il estime que « le « Nemeeku Tour » fait peur au pouvoir aujourd’hui avec l’aura dont jouit Ousmane Sonko. Il faut souligner que le président de la République ne s’attendait pas à avoir en face de lui un opposant coriace comme Ousmane Sonko. Ce dernier a fait face à lui depuis lors et a gêné sa gouvernance comme dans l’attribution des marchés du pétrole. Aujourd’hui, Macky Sall se sent menacé avec ce « Nemeeku Tour » et ça me rappelle celui de Macky Sall en 2012 qui lui avait valu satisfaction. » 

Sur son parcours politique, il dira « c’est à partir de 2014 que j’ai vu un monsieur comme Ousmane sonko qui avait les mêmes convictions que moi. Et ces convictions sont entre autres la bonne gestion des deniers publics, la dénonciation des injustices. C’est pourquoi, je me suis dit qu’il ne faut pas laisser seul ce monsieur-là dans son combat. Et c’est ainsi que je l’ai rejoint dans son combat pour le bien-être des populations.  Et à ma grande surprise il a développé des idées sur lesquelles j’avais réfléchi moi-même. D’ailleurs, Ousmane Sonko a sacrifié son poste pour mettre l’intérêt des populations avant toute chose. Et on s’est retrouvé dans les mêmes pensées. Voici autant de raisons qui justifient mon engagement dans le Pastef. »   

Dans la même dynamique, il poursuit : « ma vision pour le Sénégal est de faire de la bonne gouvernance, de l’emploi des jeunes, l’équité sociale des réalités. Aujourd’hui, on assiste à une accentuation de la paupérisation des valeurs et de la pauvreté. D’ailleurs, il faut voir même à l'intérieur du pays les populations ont des difficultés liées à la santé, à l’éducation. À Dakar, les populations mangent une fois par jour pour la plupart. Si on en est arrivé là, c’est que nos États n’ont jamais réfléchi avec tout le sérieux qu’il faut pour l’industrialisation. On ne verra jamais un pays qui se développe sans industrialisation. » Cependant, il rappelle « aujourd’hui, si on demande à l’État ses actions de développement, il nous sortira des tiroirs un petit programme par exemple comme promovilles pour des emplois précaires. Je persiste qu’on ne gère pas un pays avec des bourses de sécurité sociale. Pour moi, développer ce pays c’est aller vers l’entrepreneuriat avec une industrie accrue pouvant créer des emplois décents. » 

Parlant de sa région, il développe : « Kolda est une région qui a beaucoup de potentialités. Ainsi, on pourrait investir dans le coton pour développer une chaine qui créera des emplois. Et avec nos terres arables et l’eau, on peut développer une industrie alimentaire. Et ce sont des questions comme celles-ci qui pourraient résoudre la question du chômage. Et nous dans le Pastef à travers ces bonnes idées, on veut investir pour changer la donne. » 

« Lumière progressiste du Fouladou est un mouvement indépendamment de mon engagement en politique dans le Pastef. Notre objectif est basé sur des questions d’orientation, d’emploi des jeunes entre autres. Nous sommes conscients que nous ne sommes pas l’État, mais il faut qu’on ait une utilité pour notre communauté. Et pour y arriver de la meilleure manière, il faudrait organiser les personnes en mettant en place une structure. C’est dans ce schéma que nous comptons former prochainement 50 femmes dans la transformation céréalière », conclura-t-il...

Mardi 1 Novembre 2022



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