Inscription de Karim sur les listes électorales : Me Sidiki Kaba avait vu venir


« La programmation du retour au bercail de Wade-fils, réclamé par un concurrent aussi entêté qu’Idrissa Seck, loin d’être un fantasme d’enfant gâté, obéit à une stratégie bien coordonnée qui sera dévoilée dans les prochains jours », annoncions-nous, pas plus tard que vendredi passé, dans une chronique intitulée « Enjeux d’un retour d’exil : Karim Wade est-il le cheval de Troie du Qatar en Afrique ? » Le même jour, nous avions également informé que l’ex-ministre d’État s’apprête à écrire au corps diplomatique accrédité à Dakar et aux différents chefs religieux du pays, au sujet de sa candidature. 

 

Un premier jalon est posé ce lundi avec l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales.  

 

Nous devons à la vérité de rappeler qu’au lendemain de la condamnation de l’ex-chef de file de la Génération du Concret par la CREI, l’alors ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, avait expliqué que l’intéressé n’avait pas perdu ses droits civiques, civils et familiaux en vertu de l’article 34 du code pénal. 

 

«Lorsqu’on se réfère à l’article L31, ne peuvent être inscrits sur les listes électorales ceux qui sont condamnés à une peine d’emprisonnement sans sursis ou à une peine d’emprisonnement avec sursis d’une durée supérieure à un mois, assortie ou non d’une amende, pour l’un des délits suivants : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiants, détournement et soustraction commis par les agents publics, corruption et trafic d’influence, contrefaçon et en général pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq (05) ans d’emprisonnement», se laissait convaincre le professeur de droit pénal Iba Barry Kamara sur les ondes de la Rfm le 21 mars passé.

 

 Cependant, oppose Jeune Afrique dans une publication en date du 6 avril 2018 : « En vertu de l’article L.32 du code électoral, sa peine l’empêche de s’inscrire sur les listes électorales pendant une durée de cinq ans. Mais, paradoxalement, elle n’interdit en rien à Karim Wade de concourir à l’élection présidentielle ».

De ce qui précède, des experts ont conclu que le projet de modification de l’article L.57 de ce code vise à écarter de la course le candidat désigné du Pds, dès lors que pour faire acte de candidature il faudra préalablement être électeur. Jusqu’ici : « Tout Sénégalais peut faire acte de candidature et être élu sous réserve des conditions d'âge et des cas d'incapacité ou d'inéligibilité prévus par la loi ». Maintenant que Karim Wade est électeur, cette mesure ne le concerne plus. 

 

En définitive, s’il n’y a pas violation de l’article L.32, il est légitime de se poser des questions sur la validité de l’arrêt rendu par la CREI qui pourrait se heurter aux dispositions du droit international. Au moins une chose est sûre : en se rendant au Koweït, Karim Wade n’est plus en exil au Qatar. A partir du moment où il jouit d’une liberté de mouvements, son retour au Sénégal est plus que jamais programmé.

Mardi 17 Avril 2018



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