Hécatombe en Inde : « Une telle vague est possible dans différents pays africains », prévient l’Oms

Les dernières statistiques sur la situation de la flambée épidémique, en Inde, ont révélé le décès, ce jeudi 29 avril, de 3 645 personnes de la Covid-19, soit 350 de plus que la veille. Une tendance haussière des décès liés à la Covid-19 qui intrigue les autorités mondiales de la santé. L’Oms Afrique, en conférence de presse virtuelle, aujourd’hui, dit avoir relevé un ‘’variant qui circule maintenant et qui pose des difficultés du fait de sa transmissibilité’’. D’où son appel au respect des mesures barrières, à l’anticipation et surtout à la préparation d'une éventuelle nouvelle vague de contamination dans plusieurs pays africains.


Hécatombe en Inde : « Une telle vague est possible dans différents pays africains »,  prévient l’Oms

L’hécatombe causée par la Covid-19 en Inde caractérisée par des milliers de morts au quotidien, causant une saturation aussi bien au niveau des hôpitaux, qu’au niveau des crématoriums et autres cimetières, devrait ouvrir les yeux au reste du monde, mais plus particulièrement au continent africain. Face à la forte mortalité de ce variant dit indien qui a mis le système sanitaire de l’Inde à genoux, l’Oms Afrique appelle les populations africaines et surtout leurs leaders à la vigilance au lieu de baisser la garde.

 

Pour ladite institution régionale, les autorités chargées de la santé, dans le continent noir devraient, à l’heure actuelle, se concentrer pour réfléchir sur ce qui doit être fait, comment le faire et avec quoi le faire, si une telle situation se reproduisait, dans la région. ‘’La situation en Inde, la croissance explosive du nombre de cas et de décès est très triste à observer. Je pense qu'il est très correct pour nous d'examiner la situation en Afrique, de voir ce que nous pouvons apprendre à ce sujet et voir comment nous pouvons mieux nous préparer à contenir toute recrudescence des cas en Afrique’’, a déclaré Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique. Elle a ajouté : ‘’Je pense que ce que nous avons observé, c'est qu'en partie cette forte contamination de la Covid-19 est favorisée par ‘’des cérémonies religieuses, des regroupements sociaux, certainement au cours des rassemblements de masse de nature religieuse. Et nous savons qu'il y a eu aussi des activités électorales qui ont conduit à des rassemblements de masse en Inde’’.

 

‘’Il y a eu beaucoup de débats sur les activités religieuses, certains chefs religieux …’’

 

Des propos qu’elle a tenu alors qu’elle prenait part à la conférence virtuelle hebdomadaire initiée par ladite institution régionale. Rencontre mise à profit, par elle, pour parler du ‘’variant qui circule maintenant qui pose des difficultés du fait de sa transmissibilité. Dans de nombreux pays, il y a eu une baisse de l'observation, par la population, du respect des mesures préventives. Je pense que la leçon que nous pouvons tirer en Afrique est d'anticiper ; de comprendre qu'une telle vague est possible dans différents pays et de vraiment déterminer quels sont certains des facteurs moteurs de cette situation. Donc, les pays qui vont avoir des activités électorales où des rassemblements de populations devraient être particulièrement vigilants. Il y a eu beaucoup de débats dans les pays africains sur les activités religieuses. Certains chefs religieux sont inquiets. Mais, après un an, vous savez, le type de culte religieux auquel les gens sont habitués n'est toujours pas pratiqué. Je crains qu'il soit encore nécessaire de maintenir certaines mesures préventives, de respecter la distanciation et, comme nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises, d'utiliser les données (sanitaires). Ces informations sur le nombre de cas, les tendances au niveau le plus local possible pour ajuster ces mesures. Le plus important étant d'aider la population à redynamiser les interventions auprès des gens’’, a-t-elle confié.

 

‘’Pour empêcher que ce qui se passe en Inde ne se passe en Afrique’’’

 

Le Dr Moeti se désole de l’attitude irresponsable de certaines populations face à la Covid-19 qui est toujours aussi meurtrière. ‘’J'ai vu des données provenant d'un pays où la proportion de personnes qui n’est pas préoccupée par la situation de la maladie est passée à presque 80 %, alors qu'elle n'était que de 17 % au début de la pandémie. Et la proportion de personnes estimées porter correctement le masque est même inférieure à 10 %. J'ai entendu des déclarations de personnes dans les pays africains indiquant que ce n'est pas un problème pour nous (africains). Que ce qui se passe, par exemple en Inde, c'est quelque chose qui se passe quelque part très loin d'ici. Nous avons noté une augmentation des cas. Nous avons vu des vagues de contamination dans de nombreux pays du continent africain. Donc, il s'agit vraiment de maintenir ces mesures pour une meilleure santé publique. Nous devons donc également soutenir le travail de santé publique consistant à effectuer des tests, à identifier les contacts des cas et à demander instamment l'isolement de ces cas’’, dit-elle.

 

‘’Oms Afrique préoccupée par ce qui se fait dans environ 31 des 47 pays de la région africaine’’

 

En qualité de Directrice générale de l’Oms Afrique, elle avoue être ‘’préoccupée par ce qui se fait dans environ trente et un des quarante-sept pays de la région africaine’’. Elle a appelé les populations à soutenir davantage leurs gouvernements pour le maintien des mesures de santé publique mais aussi à travers les tests. ‘’Et, oui ! J'insiste sur l'utilisation des Tests de diagnostic rapide antigène. Nous avons annoncé à nos États membres que nous avons un stock qui est sous-utilisé, au niveau international avec l'Oms et nos partenaires. La demande pour ces activités est donc inférieure à ce que nous souhaiterions. Et nous encourageons les autres pays à maintenir leurs tests pour les mesures de santé publique et à intensifier les interventions ainsi que la communication avec la population en fin de journée.

 

Pour elle, la façon des autorités d’informer les populations ne devrait pas justement se limiter à la lecture de communiqué quotidienne. ‘’En plus des déclarations formelles des leaders politiques à la télévision, nous devons nous assurer que les bonnes informations, les bons encouragements et le bon soutien atteignent les gens à travers les réseaux auxquels ils font confiance, à travers ceux qui transmettent des messages auxquels ils croient, à travers les leaders religieux, les leaders communautaires, les leaders féminins, les groupes d'utilisation des médias sociaux, les réseaux des jeunes. Tout cela devrait nous aider à diffuser les bonnes informations pour aider les gens à soutenir ces mesures et à empêcher que ce qui se passe en Inde ne se passe en Afrique’’, a indiqué le Dr Moeti.

Vendredi 30 Avril 2021
Dakaractu



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