Gouvernement : Macky évitera-t-il ‘’les équipes de foot’’ de Wade ?


Gouvernement : Macky évitera-t-il ‘’les équipes de foot’’ de Wade ?
Le Sénégal s’apprête à vivre dans quelques jours, comme en 2000, un moment historique, avec la passation de service au sommet de l’Etat, entre Abdoulaye Wade et Macky Sall. Cette cérémonie sera suivie de la formation du premier gouvernement de la coalition victorieuse du scrutin de dimanche.

En 2000, grand faiseur de roi, Moustapha Niasse à qui Abdoulaye Wade avait promu au poste de Premier ministre en contrepartie de son soutien au 2-ème tour face à Abdou Diouf, avait eu l’honneur de former le 3 avril, le premier gouvernement de l’alternance, composé de 29 membres.

Cette équipe sera retouchée quelques jours plus tard avec le remplacement par Kansoumbally Ndiaye de la ministre de l’Education, Marie Lucienne Tissa Mbengue, qui visiblement n’avait pas le profil de l’emploi.

Le train du ‘’gouvernement de l’alternance’’, nom donné au régime d’Abdoulaye Wade, avait pris le départ avec une méthode de gouvernance caractérisée par les remaniements et les ‘’réaménagements techniques permanents’’. Pour que nul n’en ignore, Abdoulaye Wade compara lui-même son gouvernement à ‘’une équipe de football’’.

Ainsi, au ‘’météore’’ Marie Lucienne Tissa Mbengue qui passa 12 jours à la tête du ministère de l’Education, s’ajoutèrent notamment ‘’les courants d’air’’ Penda Mbow (deux mois et huit jours au ministère de la Culture) et Ibrahima Cissé (deux jours au ministère de l’Industrie).

Dans le même temps, en 12 ans, s’exécuta une inédite valse de Premiers ministres : Moustapha Niasse (2000-2001), Mame Madior Boye (2001-2002), Idrissa Seck (2002-2004), Macky Sall (2004-2007), Cheikh Hadjibou Soumaré (2007-2009), Souleymane Ndéné Ndiaye depuis 2009.

Détail anecdotique, le gouvernement formé en juin 2007 par Cheikh Hadjibou Soumaré est truffé de femmes prénommées Fatou : Fatou Binetou Taya Ndiaye, ministre de la Solidarité nationale, Fatou Danielle Diagne, ministre de la Compétitivité et de la Bonne gouvernance, Fatou Gassama, ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Fatou Gaye Sarr, Ministre délégué auprès du ministre du Développement rural et de l’Agriculture, chargée du Développement rural.

Toutes ces ‘’Fatou Fatou’’, comme avait ironisé la presse à l’époque, quitteront le navire au bout de 14mois…

Le ‘’gouvernement de l’alternance’’, faut-il le reconnaître, a eu à côté de ces ministres éphémères, d’inamovibles membres comme Bécaye Diop, Oumar Sarr, Habiby Sy, Abdoulaye Diop. Pour les plus connus, car il y a eu d’autres, nichés à la présidence avec rang de ministre d’Etat et dont presque personne ne se souvient qu’ils ont été aux affaires.

Macky Sall qui doit prendre le relais lundi prochain s’est déjà engagé sur la base de son programme politique, ‘’Yoonou Yokkuté’’ ou ‘’le chemin du véritable chemin du développement’’ à ‘’rassembler des femmes et des hommes de conviction et de talent dans un gouvernement resserré’’ de 25 membres.

Le président élu pourra t-il respecter cet engagement s’il s’inscrit dans une logique de récompense intéressant des membres de son parti, l’APR, comme ses partenaires des coalitions ‘’Macky 2012’’ et de ‘’Bennoo Bokk Yaakaar’’ ? Ne pas oublier que cette dernière coalition est drivée par les 12 candidats recalés au premier tour de la présidentielle.

Pour éviter un scénario de partage du gâteau, Mouhamadou Mbodj, Coordonnateur du Forum civil, a été l’un des premiers à lancer cet avertissement : ‘’Macky Sall a été élu par le peuple, pas par les appareils de parti. Ces appareils se sont présentés au premier tour. Ils ont été écartés par le peuple’’.

’’Soutenir Macky Sall, enchaine Mbodj dans les colonnes du quotidien Enquête, ne vous donne pas droit à son mandat (…) Il faut éviter le syndrome du gouvernement +car rapide+ où tout le monde rentre. Il faut une cohérence. Les gens à qui le peuple a fait confiance, qu’ils gouvernent. Les autres, qu’ils restent dans l’opposition’’.

Si on tient compte du programme de Macky Sall et de ses déclarations de campagne ponctuées d’engagement à réduire le train de vie de l’Etat en vue d’améliorer les conditions de vie des Sénégalais, le nouveau locataire du Palais de la République devrait aller dans le sens indiqué par Mohamed Mbodj.

Reste à savoir si ses partenaires comprendront ses choix et le laisseront faire…
Mercredi 28 Mars 2012
APS




1.Posté par alex le 28/03/2012 18:37
cette vision du professeur est tout sauf logique...maintenant que macky est president il peut bien se permettre d'avancer pareilles suggestions.....je persiste et signe macky est au pouvoir grace à niass,tanor et idy......n'oublions pas que wade a cherché à diviser l'opposition pour pouvoir justifier un éventuel hold-up...si ces gens ont resisté à toutes les tentatives il faut etre humble et les respecter...tout politicien aspire à gouverner un jour ce pays alors je ne vois en quoi mr le professeur vous pouvez vous permettre d'avancer des arguments malhonnetes....cameroon en angleterre obama aux usa(pour avoir le soutien de bill et hilary)ont du faire des concessions...votre analyse est idiote...j'espère que vous n'enseignez pas de la sorte...parler pour parler!!les elections ont été gagnées par une coalition...le nier c'est etre irresponsable!!!!!!!pour preuve le score de wade n'a pas bougé...comme quoi le report de voix a bien eu lieu!!!!!

2.Posté par la verite le 28/03/2012 21:12
la CENA tarde à payer ses fournisseurs pourquoi??

Pourtant ils ont remarquablement participé à la réussite de l'election présidentiel (matériels electoral)...

Payer vos fournisseurs avant que Macky ne soit au courant de vos retards de paiement inexplicable.

3.Posté par TAKI. le 28/03/2012 21:23
Arrêtez vos analyses à deux balles! La base électorale de Macky est actuellement estimée à 26%, et il a été élu à 66% environ... Comment expliquez-vous alors,ce bond de 40% entre les deux tours? Incontestablement, il s'agit de l'apport des partis alliés à travers leurs membres et sympathisants. Donc, leurs points de vue et avis ne sauraient être passés à perte et profit. Maintenant, c'est vrai que le dernier mot lui revient de droit! Aucun parti, aucune coalition n'a monnayé son soutien ou ne l'a conditionné à quelque prébende que ce soit. Il aurait été plus simple pour eux de se tourner alors vers le Président sortant. De grâce, cessons de stigmatiser injustement des gens dont le seul tort a été de s'engager pour servir leur pays!



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