Des fonds publics ont été prélevés pour servir les intérêts de personnes désignées sous l’appellation de « martyrs ». Cinq milliards de FCFA annoncés au départ, 2,8 milliards au Grand Théâtre lors de la journée dédiée et 1,2 milliard récemment, à l’occasion de la passation de service entre Maimouna Dièye et son successeur au ministère de la Femme et des Solidarités. Quel montant retenir en fin de compte?
Au-delà des hésitations sur les chiffres exacts, cette affaire laisse presumer plusieurs infractions graves : détournement de deniers publics, faux et usage de faux, concussion, corruption… Pourtant, malgré ces révélations accablantes, l’autorité concernée affiche une sérénité déconcertante.
Durant son passage au ministère, Mme Dièye a supervisé l’octroi d’aides financières de 10 millions de FCFA par famille de victime et de 500 000 FCFA par ex-détenu. Or, l’indemnisation de préjudices humains relève d’une décision judiciaire, rendue après enquête et établissement des responsabilités. Elle ne saurait résulter d’un simple acte administratif ou d’un virement de l’exécutif. D’autant plus que certains bénéficiaires sont accusés d’actes de vandalisme, de pillage ou de destruction de biens publics et privés. Allouer des fonds avant toute décision de justice revient à instaurer une forme de « justice des vainqueurs » au détriment de l’État de droit.
Tribunal économique ou juridictions de droit commun : toute instance compétente mérite d’être saisie. Ce que réclament les citoyens attachés à la bonne gouvernance, c’est une procédure rigoureuse et impartiale. Le président Diomaye Faye et son gouvernement ne pourront prétendre à la crédibilité s’ils se limitent à des déclarations d’intention sans suites concrètes.
La distribution de ressources publiques à des individus soupçonnés d’actes délictueux constitue une faute grave. La responsabilité de l’ancienne ministre semble engagée. Pour l’honneur des fonctions qu’elle a exercées et dans le respect des principes républicains, il lui appartient de se mettre à la disposition de la justice afin que toute la lumière soit faite. À défaut, il revient aux juridictions compétentes de se saisir du dossier dans l’intérêt supérieur de la Nation.
La Cour des comptes, l’Inspection Générale d’Etat, le Parquet judiciaire financier et les autres corps de contrôle, ont donc un écheveau à démêler.
D’autant que cette affaire, malgré son ampleur, s’inscrit dans une série de controverses apparues après deux années d’exercice du pouvoir par le Pastef. L’Affaire Aser, régulièrement relayée, en est une illustration. À cela s’ajoutent les fonds politiques attribués à la Primature — une première depuis l’indépendance — et les déplacements en jet privé à l’étranger. Que dire des 08 milliards Fcfa destinés aux sinistrés de Bakel (sous la supervision de Maimouna Dièye)et de la concession du Môle 4, engagée pour vingt‐cinq ans sur 20% du trafic maritime national sans passer par le Code des marchés publics?
Le mode de gouvernance mis en place avant la rupture du tandem au sommet de l’État donne le sentiment d’un système tourné vers la captation des ressources plutôt que vers leur gestion transparente.
L’Administration et les services publics semblent parfois fonctionner davantage au profit d’intérêts particuliers que de l’intérêt général.
Si le chef de l’État souhaite réellement corriger ces dérives, il lui revient d’exiger de ses collaborateurs une reddition rigoureuse des comptes, dans le strict respect des lois, des règlements et des droits humains. C’est à ce prix seulement que pourra être restaurée la confiance des citoyens.
Alioune Badara Coulibaly
Porte parole APR
Au-delà des hésitations sur les chiffres exacts, cette affaire laisse presumer plusieurs infractions graves : détournement de deniers publics, faux et usage de faux, concussion, corruption… Pourtant, malgré ces révélations accablantes, l’autorité concernée affiche une sérénité déconcertante.
Durant son passage au ministère, Mme Dièye a supervisé l’octroi d’aides financières de 10 millions de FCFA par famille de victime et de 500 000 FCFA par ex-détenu. Or, l’indemnisation de préjudices humains relève d’une décision judiciaire, rendue après enquête et établissement des responsabilités. Elle ne saurait résulter d’un simple acte administratif ou d’un virement de l’exécutif. D’autant plus que certains bénéficiaires sont accusés d’actes de vandalisme, de pillage ou de destruction de biens publics et privés. Allouer des fonds avant toute décision de justice revient à instaurer une forme de « justice des vainqueurs » au détriment de l’État de droit.
Tribunal économique ou juridictions de droit commun : toute instance compétente mérite d’être saisie. Ce que réclament les citoyens attachés à la bonne gouvernance, c’est une procédure rigoureuse et impartiale. Le président Diomaye Faye et son gouvernement ne pourront prétendre à la crédibilité s’ils se limitent à des déclarations d’intention sans suites concrètes.
La distribution de ressources publiques à des individus soupçonnés d’actes délictueux constitue une faute grave. La responsabilité de l’ancienne ministre semble engagée. Pour l’honneur des fonctions qu’elle a exercées et dans le respect des principes républicains, il lui appartient de se mettre à la disposition de la justice afin que toute la lumière soit faite. À défaut, il revient aux juridictions compétentes de se saisir du dossier dans l’intérêt supérieur de la Nation.
La Cour des comptes, l’Inspection Générale d’Etat, le Parquet judiciaire financier et les autres corps de contrôle, ont donc un écheveau à démêler.
D’autant que cette affaire, malgré son ampleur, s’inscrit dans une série de controverses apparues après deux années d’exercice du pouvoir par le Pastef. L’Affaire Aser, régulièrement relayée, en est une illustration. À cela s’ajoutent les fonds politiques attribués à la Primature — une première depuis l’indépendance — et les déplacements en jet privé à l’étranger. Que dire des 08 milliards Fcfa destinés aux sinistrés de Bakel (sous la supervision de Maimouna Dièye)et de la concession du Môle 4, engagée pour vingt‐cinq ans sur 20% du trafic maritime national sans passer par le Code des marchés publics?
Le mode de gouvernance mis en place avant la rupture du tandem au sommet de l’État donne le sentiment d’un système tourné vers la captation des ressources plutôt que vers leur gestion transparente.
L’Administration et les services publics semblent parfois fonctionner davantage au profit d’intérêts particuliers que de l’intérêt général.
Si le chef de l’État souhaite réellement corriger ces dérives, il lui revient d’exiger de ses collaborateurs une reddition rigoureuse des comptes, dans le strict respect des lois, des règlements et des droits humains. C’est à ce prix seulement que pourra être restaurée la confiance des citoyens.
Alioune Badara Coulibaly
Porte parole APR
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