Les chiffres révélés par Amadou Aram Diagne, vice-président de l’Ordre national des experts-comptables et des comptables agréés du Sénégal, lors de la journée d’évaluation du programme FAZ, mettent en lumière un déséquilibre inquiétant dans l’encadrement comptable de l’économie sénégalaise. Avec seulement 300 experts-comptables et une quinzaine de comptables agréés pour gérer plus de 400 000 entreprises, le pays fait face à un déficit structurel qui menace sa capacité à formaliser son économie et à accompagner le développement de son tissu entrepreneurial.
Ces données traduisent une réalité préoccupante car, chaque expert-comptable sénégalais devrait théoriquement superviser plus de 1300 entreprises, un ratio totalement irréaliste qui explique pourquoi 97% des entreprises du pays évoluent dans le secteur informel. L’absence de techniciens-comptables qualifiés en nombre suffisant prive ces milliers d’entreprises d’un accompagnement essentiel pour leur mise en conformité fiscale et leur développement stratégique. Le programme FAZ, lancé en 2023 pour répondre à cette pénurie, illustre lui-même l’ampleur du défi. Sur 730 candidats initialement intéressés par la première cohorte, seuls 88 apprenants ont finalement complété le cursus, un taux d’abandon qui témoigne des difficultés à massifier rapidement la formation de techniciens-comptables. Pour la deuxième cohorte, les chiffres n’ont guère progressé, maintenant le programme à un niveau de production largement insuffisant au regard des besoins criants du marché.
La formation proposée représente pourtant un investissement conséquent : 1380 heures réparties sur 9 mois, dont 960 heures dédiées à la pratique professionnelle en entreprise. Mais les obstacles financiers viennent gripper la machine. Le Fonds de formation pratique et professionnelle s’était engagé à financer 150 bourses couvrant 53% du coût de la formation, mais n’a pas honoré l’intégralité de ses engagements, obligeant l’ONECA à fonctionner avec des ressources réduites pour rémunérer les formateurs et dédommager les structures d’accueil.
Malgré ces contraintes, les résultats qualitatifs donnent une lueur d’espoir. Amadou Aram Diagne rapporte que sur 10 apprenants qu’il a personnellement formés, 3 ont été recrutés dans son cabinet et que ses collègues experts-comptables ont massivement embauché les jeunes issus du programme. Ce taux d’insertion professionnelle proche de 30% pour un seul employeur démontre la qualité de la formation et l’appétence du marché pour ces profils qualifiés.
Cependant, même avec un taux de réussite optimal, les chiffres actuels du programme restent dérisoires face au déficit à combler. Former 88 techniciens par an alors que l’économie compte 400 000 entreprises reviendrait à nécessiter plus de 4500 ans pour atteindre un ratio décent d’un technicien pour 100 entreprises, sans même tenir compte de la croissance continue du nombre d’entreprises et du renouvellement des effectifs.
Ces données traduisent une réalité préoccupante car, chaque expert-comptable sénégalais devrait théoriquement superviser plus de 1300 entreprises, un ratio totalement irréaliste qui explique pourquoi 97% des entreprises du pays évoluent dans le secteur informel. L’absence de techniciens-comptables qualifiés en nombre suffisant prive ces milliers d’entreprises d’un accompagnement essentiel pour leur mise en conformité fiscale et leur développement stratégique. Le programme FAZ, lancé en 2023 pour répondre à cette pénurie, illustre lui-même l’ampleur du défi. Sur 730 candidats initialement intéressés par la première cohorte, seuls 88 apprenants ont finalement complété le cursus, un taux d’abandon qui témoigne des difficultés à massifier rapidement la formation de techniciens-comptables. Pour la deuxième cohorte, les chiffres n’ont guère progressé, maintenant le programme à un niveau de production largement insuffisant au regard des besoins criants du marché.
La formation proposée représente pourtant un investissement conséquent : 1380 heures réparties sur 9 mois, dont 960 heures dédiées à la pratique professionnelle en entreprise. Mais les obstacles financiers viennent gripper la machine. Le Fonds de formation pratique et professionnelle s’était engagé à financer 150 bourses couvrant 53% du coût de la formation, mais n’a pas honoré l’intégralité de ses engagements, obligeant l’ONECA à fonctionner avec des ressources réduites pour rémunérer les formateurs et dédommager les structures d’accueil.
Malgré ces contraintes, les résultats qualitatifs donnent une lueur d’espoir. Amadou Aram Diagne rapporte que sur 10 apprenants qu’il a personnellement formés, 3 ont été recrutés dans son cabinet et que ses collègues experts-comptables ont massivement embauché les jeunes issus du programme. Ce taux d’insertion professionnelle proche de 30% pour un seul employeur démontre la qualité de la formation et l’appétence du marché pour ces profils qualifiés.
Cependant, même avec un taux de réussite optimal, les chiffres actuels du programme restent dérisoires face au déficit à combler. Former 88 techniciens par an alors que l’économie compte 400 000 entreprises reviendrait à nécessiter plus de 4500 ans pour atteindre un ratio décent d’un technicien pour 100 entreprises, sans même tenir compte de la croissance continue du nombre d’entreprises et du renouvellement des effectifs.
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