Défaite électorale de l’APR en banlieue : Abdou Khafor Touré décrypte les raisons d’un désaveu populaire


Abdou Khafor Touré, lors de l’émission hebdomadaire sur ITV « Jury du dimanche », est revenu sur la stratégie politique de son camp politique en insistant sur la nécessité d’un ancrage territorial fort, notamment dans la commune de Wakhinane Nimzatt, pour se reconstruire après la défaite électorale.
 
Pour lui, il est extrêmement important, afin de se projeter et de se reconstruire, de bâtir un nouveau projet, un nouveau cap, une nouvelle perspective politique. « Il faut commencer d’abord par son quartier, sa commune et sa ville, discuter avec les gens, échanger avec eux, prendre le temps de l’écoute », a soutenu le responsable politique de l’APR estimant que cette démarche est essentielle en politique pour comprendre les ressorts de la décision des électeurs.
 
Abdou Khafor Touré est ensuite revenu sur les nombreuses interrogations qui ont été les siennes après la défaite de son camp, s’agissant en particulier de sa propre ville, considérablement transformée ces dernières années grâce au BRT, au programme Promovilles, ainsi qu’à des avancées notables en matière d’urbanisation, de modernisation des infrastructures et de règlement des questions d’inondations et d’assainissement. Malgré ces progrès, les scores enregistrés lors de la présidentielle et des législatives dans les départements de Guédiawaye et de Pikine, et plus largement dans la banlieue, l’ont profondément interpellé. « Je ne voyais pas véritablement d’adversaires, je considérais qu’il y avait une dynamique nationale », a-t-il confié, avant de reconnaître la nécessité d’une analyse claire face à des scores de défaite atteignant 60 à 65 %, le candidat de l’opposition ayant remporté à l’époque le département de Guédiawaye avec 65 % des suffrages.
 
Selon lui, le bilan de son camp est exceptionnel, notamment sur les questions de mobilité, mais lorsqu’un bilan aussi conséquent ne trouve pas d’écho auprès des populations, au point que celles-ci votent massivement pour l’opposition, il devient impératif de s’interroger sur les raisons de ce vote. Il appelle ainsi à prendre le temps de discuter avec les populations pour comprendre leurs attentes et ajuster en conséquence attitude, comportement, discours et démarche à leur égard. « En définitive, notre investissement en politique a pour objectif de servir nos compatriotes. La politique n’a de sens que lorsqu’elle sert les populations et règle leurs problèmes : c’est cela l’essence de la politique », a-t-il martelé.
 
Concernant l’état d’esprit actuel des populations de la banlieue, Abdou Khafor Touré évoque un sentiment général de regret, de déception et de dépit. Les populations, dit-il, prennent progressivement conscience que les promesses politiques n’ont rien à voir avec les résultats constatés aujourd’hui, faute de résultats visibles. Il affirme que depuis deux ans, aucune action majeure n’a été perceptible, que ce soit dans la banlieue ou plus largement à l’échelle du Sénégal, malgré les promesses de transformation du quotidien des citoyens. Le sentiment dominant, selon lui, est celui d’une vie de plus en plus chère et de populations davantage plongées dans les difficultés, notamment pour payer les frais de scolarité.
 
Il cite à ce titre le témoignage récent d’un directeur d’école privée à Wakhinane Nimzatt, pour qui les paiements de scolarité constituent un véritable baromètre des difficultés sociales. Ce dernier lui aurait confié que des parents qui n’avaient jamais connu de retard dans le paiement de la scolarité de leurs enfants sont aujourd’hui contraints de composer avec la conjoncture économique, certains élèves restant un, deux, voire trois mois sans que leurs frais ne soient réglés.
Dimanche 19 Juillet 2026
Dakaractu



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