Le climat politique sénégalais continue de se tendre après le limogeage de l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko et l’annonce de sa réintégration imminente à l’Assemblée nationale. Alors que l’hémicycle doit se réunir ce mardi 26 mai pour entériner ce retour et élire un nouveau président du Parlement, les réactions politiques commencent à pleuvoir.
Dans un communiqué incendiaire parvenu à Dakaractu Mbour, le parti UNITÉ (Union Nationale pour l’Intégration, le Travail et l’Équité), dirigé par Cheikh Issa Sall, tire à boulets rouges sur ce qu’il qualifie de “forçage institutionnel” orchestré autour du retour de l’ancien chef du gouvernement dans l’hémicycle.
“Une incompatibilité manifeste”
Dans ce document au ton particulièrement sévère, UNITÉ estime que la volonté de réinstaller Ousmane Sonko comme député soulève de “graves interrogations juridiques”. Le parti s’appuie notamment sur l’article 54 de la Constitution pour rappeler que la fonction de membre du gouvernement est incompatible avec un mandat parlementaire.
Selon UNITÉ, Ousmane Sonko aurait lui-même “renoncé à l’exercice immédiat de son mandat” en choisissant d’exercer les fonctions de Premier ministre en décembre 2024 au lieu de s’installer officiellement comme député.
Plus grave encore, le parti dénonce une tentative de “manipulation juridique” visant à appliquer des réformes adoptées en 2025 à une situation née en 2024. Une démarche que la formation de Cheikh Issa Sall considère comme une menace contre la sécurité juridique et l’État de droit.
“Les institutions ne sont pas des instruments de convenance”
Dans un contexte déjà explosif marqué par la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son désormais ex-Premier ministre, ce communiqué vient jeter de l’huile sur le feu.
UNITÉ accuse ouvertement certains acteurs politiques de transformer les institutions en “instruments de convenance”, au gré des ambitions personnelles et des rapports de force du moment.
Citant Montesquieu et “L’esprit des lois”, le parti appelle à stopper ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle dangereuse pouvant conduire le Sénégal vers “des blocages périlleux”.
Sonko au perchoir ? Les spéculations enflamment Dakar
Pendant ce temps, plusieurs sources médiatiques annoncent déjà que la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale devrait être validée lors de la plénière de mardi, au moment même où la démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée ouvre une bataille stratégique autour du perchoir.
Dans les cercles politiques dakarois, beaucoup voient derrière cette séquence une vaste reconfiguration du pouvoir entre les différentes tendances issues de Pastef.
Sur les réseaux sociaux comme dans certains forums sénégalais, les avis sont désormais profondément divisés. Certains dénoncent “un jeu dangereux avec les institutions”, tandis que d’autres estiment que Sonko reste “un stratège politique redoutable”.
UNITÉ appelle à “la sérénité institutionnelle”
Face à cette montée des tensions, Cheikh Issa Sall appelle les acteurs politiques à “mettre fin aux logiques d’affrontement”, à préserver “l’intérêt supérieur de la Nation” et à respecter “la dignité des institutions”.
Une sortie qui intervient dans un moment particulièrement sensible de la vie politique sénégalaise, où chaque décision semble désormais susceptible de faire basculer le pays dans une nouvelle zone de turbulence politique et institutionnelle.
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