Confrontation sino-américaine en Afrique : un cheval de Troie nommé Gadio


Le quotidien Libération informe ce jeudi « qu’en vertu de l’accord conclu avec la justice américaine et qui le blanchit, Cheikh Tidiane Gadio a balancé son co-accusé, Patrick Ho, et, dans la foulée, le Président tchadien, Idriss Deby ».

Dakaractu, pour s’être interrogé dès le 15 février 2018  « Libération au parfum de complot : l’Amérique a-t-elle retourné Gadio contre Déby ? », n’est pas surpris par ce revirement spectaculaire.

En son temps, nous avions écrit que l’ex-chef de la diplomatie sénégalaise, pour sortir du pétrin, avait recruté parmi les meilleurs avocats d’affaires spécialisés en négociations aux Etats-Unis. Nous prêtions à ces robes noires de disposer de tentaculaires réseaux dans les coursives de l’administration américaine.   

« Dans cette guerre froide entre Trump et Déby, le pays de l’Oncle Sam gagnerait à avoir Gadio à ses côtés, ne serait-ce que pour obtenir des informations précises sur les desseins secrets de Idriss Déby », ajoutait notre texte, sur un ton prémonitoire.

En réalité, depuis l’éclatement de la crise libyenne qui a brusqué l’expansion du terrorisme dans la zone pétrolifère, le président Déby, qui n’hésite pas à proposer une réforme du F Cfa, est porteur d’un discours qui emprunte à la harangue anti-occidentale ses codes. En outre, les entreprises chinoises permettent au Tchad, qui est dans le collimateur du Fmi, de lever de l’argent frais pour faire face à certaines charges de fonctionnement. Ce que N’Djaména ne peut pas obtenir de ses partenaires traditionnels occidentaux.  La China National Petroleum Corporation (CNPC) et la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) sont liés par une -joint-venture. Lors du dernier Sommet du FOCAC (Forum sur la coopération Chine-Afrique), qui s’est tenu les 3 et 4 septembre 2018, un seul un pays africain, le Swaziland, manquait à l’appel à Pékin. L’influence diplomatique du président tchadien n’est pas étrangère à ce succès.

Ainsi, dès septembre 2017, les relations entre le Tchad et les États-Unis se sont fortement tendues après la publication du décret migratoire du président Donald Trump interdisant de façon permanente aux ressortissants tchadiens d’entrer aux États-Unis. A cet égard, au lendemain de l’éclatement de cette nébuleuse impliquant Cheikh Tidiane Gadio en novembre 2017, le gouvernement tchadien, via un communiqué lu par son porte-parole, avait indexé une conspiration machiavélique à l’instigation des USA et s’était insurgé « contre l'attitude du gouvernement américain et certaines officines qui visent à ternir l'image du Tchad et de son président ». 

Quand la Chine a été accusée d’espionnage par une certaine presse occidentale dans un article publié vendredi 26 janvier, le Tchadien Moussa Faki Mahamat qui préside la Commission de l’Union africaine avait formellement démenti tout sabotage du bâtiment abritant le siège de l’organisation.  
Toutes choses qui nous prédisposent à penser que Gadio a été victime de la rivalité sino-américaine en Afrique.

En définitive, l’ex-ministre d’Etat est obligé d’opérer un rapprochement avec Macky Sall qui ne fait pas partie du puissant clan Déby dans le Syndicats des chefs d’Etat africains. 
Jeudi 27 Septembre 2018
Dakaractu



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