Bilan de la campagne 2018 d’exportation de produits horticoles : Une campagne présumée difficile a battu finalement un record en quantité et en qualité.


En novembre 2017, la Direction Générale Santé de la Commission Européenne (CE) saisissait la Direction de la Protection de Végétaux (DPV) et l’instruisait de faire face à l’augmentation des interceptions de lots de mangue dues aux mouches des fruits constatées au cours de la campagne mangue 2017 et enregistrées comme d’ailleurs partout en Afrique de l’Ouest. 

En l’absence d’actions concrètes, des mesures de la CE étaient envisagées, telles que l’arrêt des importations de la mangue en provenance du Sénégal. Pour répondre à la menace qui planait sur les exportations, en janvier 2018, la DPV a préparé et soumis à la CE un plan d’actions décliné en feuille de route. Au travers de la mise en place d’une plateforme de dialogue public-privé, avec l’appui de la Société financière internationale (IFC) du Groupe de la Banque mondiale, de « The U.S. Agency for International Development » (USAID) et du projet PACMS/ Cadre Intégré Renforcé (CIR) du Ministère du Commerce, «la DPV a impliqué les différentes parties prenantes, pour définir les modalités de mise en œuvre à court et moyen termes de cette feuille de route, y compris les rôles et responsabilités de chacun. La mobilisation des différentes parties prenantes de la filière mangue pour la baisse des interceptions s’est traduite en juin 2018 par une réorganisation en profondeur de la campagne mangue par la DPV. La mise en place de nouvelles dispositions et procédures de contrôle phytosanitaires, le déploiement de moyens humains de contrôle renforcés au niveau des stations de conditionnement avec l’implication des opérateurs privés à leur prise en charge, la communication instantanée sur les interceptions enregistrées par la CE, la décision consensuelle d’arrêter la campagne au 10 août 2018, ont permis de réunir des conditions jamais égalées dans le déroulement de la campagne. Le dialogue public-privé, pour renforcer les dynamiques de communication et de relations entre les parties prenantes, et l’amélioration du dispositif d’inspection et de certification, semblent finalement avoir été déterminantes dans la performance de la campagne. Finalement, tous mobilisés, les acteurs (opérateurs, services techniques de l’Etat, partenaires techniques et financiers) ont été à la hauteur des enjeux de la campagne 2018 qui s’annonçait difficile, voire qui pouvait compromettre l’avenir des exportations de mangue Origine Sénégal pour les années à venir. Ils ont été capables de relever un à un les défis qui se présentaient à eux dans le cadre de la mise en garde de la CE. Au finish, « 21 430 tonnes de mangues ont été exportées toutes destinations confondues (Europe, Mauritanie, Maroc, Ghana et autres) contre 17 168 tonnes en 2017, 15 048 tonnes en 2016 et 16 704 tonnes en 2015. » a dit M. Cheikh NGANE, président de la (CFAHS).  

Au total, ce sont  43 opérateurs qui ont été actifs au cours de la campagne mangue 2018 et ont permis d’avoir plus de 50% de croissance des exportations vers l’UE.  Avec 17 870 tonnes (83%) expédiées vers l’Europe, en hausse de 50% comparée à la campagne 2017, la mangue Origine Sénégal a établi un nouveau record. Vers la sous-région, le volume des exportations s’élève à 3 560 tonnes. Par ailleurs, M. NGANE fera remarquer que de  5 000 T d’exportation en moyenne entre 1960 et 2000,  le Sénégal est passé à 122 417 T en 2018, sur un objectif de 157 000 T, avec en plus une diversification et en mettant sur le marché plus d’une dizaine de spéculations pour une présence sur le marché pendant presque toute l’année. Cependant, ces résultats engrangés, avec des exportations record, n’ont pas empêché le MAER, le Pr. Papa A. SECK, après avoir félicité tous les acteurs, de les inviter au nom du Gouvernement «  à aller plus loin, à faire plus et faire mieux … car il ne serait pas utopique de dire que d’autres records seront battus. » Ainsi après avoir décliné les raisons qui fondent la position du Gouvernement, le MAER a décliné 10 recommandations dont la nécessité de redéfinir le statut des acteurs de la filière  pour éviter des déviances .
Mardi 15 Janvier 2019
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :