ARGENT DE LA DROGUE DANS LA POLITIQUE - Bathily confirme la réalité du mal et désigne les coupables


Abdoulaye Bathily n'y est pas allé avec le dos de la cuillère : l'argent sale alimente, selon lui, et en grande partie, la politique au Sénégal. Invité du Grand Jury de ce dimanche, l'ancien patron de la Ld dénonce ce qu'il considère comme étant un scandale et pointe son doigt accusateur sur les hommes politiques qui sont subitement devenues de  grosses fortunes sans que justification valable puisse être apportée sur leurs nouvelles situations financières.  Pour lui, c'est dans la drogue et le blanchiment d'argent qu'il faudra aller chercher ces justifications, pour l'essentiel.

'' Notre pays est dans une situation très dangereuse. De par les fonctions que j'ai occupées, j'ai suffisamment d'informations. Le Sénégal est aujourd'hui un des pays de la sous-région où le trafic de drogue et toutes sortes de trafics se sont installés, l'enrichissement illicite, les armes, sans compter les menaces jihadistes. Vous le voyez très clairement à travers ces constructions qu'on voit à Dakar, que rien ne justifie.  C'est du blanchiment d'argent à grande échelle et l'argent sale est entré dans la politique au Sénégal comme dans beaucoup d'autres pays d'Afrique. Et ça, c'est une menace sérieuse contre la démocratie. Quand on écarte le débat d'idées pour mettre en avant l'argent, les voitures 4X4  pour sillonner le pays, collecter des  signatures... N'importe quel trafiquant de drogue peut créer un parti politique ou un groupe politique, faire le tour du pays et prendre le pays en otage. ''

Bathily d'appeler à la raison et à la retenue avant que la situation n'empire.
'' Il faut qu'on redonne à la politique ses lettres de noblesse. Que les valeurs  reviennent ! L'argent peut jouer beaucoup de tours, surtout cet argent sale qui circule beaucoup dans ce pays aujourd'hui. Ça,  c'est des faits. C'est un danger pour la démocratie, pour la cohésion sociale et pour le développement économique du pays. Je souhaite que vraiment les camarades avec  qui  nous avons mené tout ces combats de principe dans Benno Bokk Yakaar puissent savoir raison garder. ''

Loin d'incriminer absolument les tenants du pouvoir, Bathily demandera à l'opposition de ne point se hasarder à donner des leçons. '' L'opposition n'a pas de leçons à donner. De 2000 à 2012, ceux qui étaient au pouvoir... Qu'est-ce qu'ils ont fait ?  Les dérives qu'ils nous ont amenées. Ils doivent se ressaisir. La population n'est pas dupe... Je souhaite que les vendetta politiques s'arrêtent et que l'on puisse construire le Sénégal! ''

MAINTIEN OU NON DU FRANC CFA
 
Invité à donner son point de vue sur la pertinence du maintien du franc Cfa dans nos pays comme monnaie, le professeur Abdoulaye Bathily s'est voulu catégorique dans sa réponse.  Je suis pour l'abandon du Cfa. D'ailleurs, les Assises nationales avaient dit très clairement que nous devons militer pour une monnaie de la Cedeao. Le franc Cfa est un instrument qui ne correspond pas à l'esprit de notre souveraineté en tant que pays africains. ''

Quant au souhait affiché par le Maroc pour intégrer la Cedeao, il ne se montrera nullement emballé par l'idée. '' Ces pays de l'Afrique du Nord étaient, à un moment donné, attirés par l'Europe. Les Européens voulaient les mettre dans ce qu'on appelle l'Union pour la Méditerranée, leur faire une situation spéciale. (La Turquie, le Maroc, l'Egypte)... Maintenant avec la montée du Jihadisme,  l'Europe a fermé ses portes. Donc, ces pays du Maghreb veulent revenir vers le Sud. Le Maroc fait partie de l'Union du Maghreb Arabe. Ils peuvent travailler maintenant ensemble... faire une alliance avec la Cedeao. C'est de ces questions là qu'il faut discuter. Le Maroc  a déjà quand même beaucoup d'intérêts dans nos pays. Chacun doit défendre ses intérêts '' dira-t-il notamment...
Dimanche 1 Avril 2018
Dakaractu




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