1100 milliards de francs CFA et 12 programmes : Ousmane Sonko annonce l’accélération de la transformation numérique


Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce mardi 24 mars 2026 la cérémonie de lancement des projets structurants du New Deal Technologique (NDT), un an après l’engagement pris par le président Bassirou Diomaye Faye de placer la transformation numérique au cœur des politiques publiques. Devant les membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers et les représentants du secteur privé et de la société civile, le chef du gouvernement a à la fois rendu compte des acquis de la première année et annoncé les grandes orientations à venir.
 
Adossé à la Vision Sénégal 2050 et doté d’un portefeuille d’investissements de près de 1 100 milliards de francs CFA sur la période 2025–2034, le NDT se décline en 12 programmes prioritaires. Ousmane Sonko a tenu à préciser d’emblée le sens du mot choisi pour qualifier cette ambition: « il ne s’agit pas de moderniser ou de développer le numérique, mais bien de le transformer » un terme qui, a-t-il souligné, implique une rupture profonde et irréversible avec les structures et les modes de fonctionnement hérités.
 
Pour éviter que cette ambition ne se dilue dans des initiatives ministérielles éparses et coûteuses, le gouvernement dit avoir fait le choix, dès mars 2025, de commencer par la gouvernance. Le Comité GouvNum, dont la présidence est assurée par la Primature, a pour mission de coordonner et de prioriser l’ensemble des projets numériques de l’État. À ce dispositif s’est ajouté, en octobre 2025, le Conseil National du Numérique, que préside Sonko lui-même et qui réunit vingt personnalités reconnues de l’écosystème numérique chargées d’éclairer les décisions gouvernementales et de formuler des recommandations sur les enjeux qu’elles estiment structurants.
 
C’est dans cette même logique de cohérence que s’inscrit la mesure phare des lancements du jour comme le Guichet Unique du Citoyen. Cette plateforme unifiée ambitionne de regrouper l’ensemble des services administratifs en un seul point d’accès, accessible depuis n’importe quel territoire de Dakar à Sédhiou en passant par Tambacounda et depuis n’importe quel téléphone.
 
Dans le même esprit, la plateforme e-Consulat permettra aux Sénégalais de la diaspora d’effectuer l’intégralité de leurs démarches consulaires en ligne, sans les contraintes des rendez-vous souvent longs et incertains.
Ces services reposent sur une infrastructure physique en cours de consolidation. Le déploiement d’infrastructures Cloud dans les Data Centers de Diamniadio et d’Orana, la multiplication par plus de trente de la bande passante nationale qui passe de 600 mégabits à 20 gigabits et l’extension de l’intranet gouvernemental à un nombre croissant de bâtiments publics constituent autant de fondations techniques indispensables. La souveraineté des données figure parmi les principes non négociables car, selon le gouvernement, les informations sensibles de l’État seront hébergées sur le territoire national. D’ailleurs, la cybersécurité est présentée comme le corollaire naturel de cette digitalisation accélérée, avec le déploiement d’outils de défense conformes aux standards internationaux.
 
En outre, le gouvernement a lancé un projet de connectivité universelle pour les zones blanches, avec l’objectif de connecter gratuitement plus d’un million de Sénégalais vivant dans des zones enclavées. Sonko a tenu à faire résonner ce chiffre : la transformation numérique ne saurait se limiter aux capitales et aux centres urbains. Le Start-up Act et sa plateforme de labellisation offrent également aux jeunes entrepreneurs un cadre juridique protecteur et un accès à des marchés jusqu’ici inaccessibles, avec l’ambition de faire du Sénégal une pépinière de champions technologiques à rayonnement africain et international.
Mardi 24 Mars 2026
Dakaractu



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