Valorisation de la recherche : le Sénégal mise sur le transfert de technologie pour accélérer son industrialisation


Un atelier de quatre jours consacré à la valorisation et à la commercialisation des résultats de la recherche scientifique s’est ouvert ce lundi à Dakar, sous l’égide du ministère de l’Industrie et du Commerce. L’initiative s’inscrit dans les ambitions de l’Agenda national de transformation (ANT), lequel identifie l’innovation comme un levier central du développement économique du pays.

 

Reçue en marge des travaux, Yacine Gning Diakhaté, directrice de cabinet du ministre de l’Industrie et du Commerce, a rappelé les quatre moteurs de croissance retenus par l’ANT que sont: les industries extractives, manufacturières et agroalimentaires et les services à haute valeur ajoutée. Pour développer ces secteurs, a-t-elle expliqué, la politique industrielle et commerciale a placé l’innovation, la valorisation des résultats de recherche et le transfert de technologie au premier rang de ses priorités.

La directrice de cabinet n’a pas esquivé le diagnostic. Selon elle, le Sénégal accuse encore un retard significatif dans sa capacité à transformer ses résultats scientifiques en produits industriels commercialisables. Elle a néanmoins insisté sur l’exemple des pays développés, qui ont bâti leur compétitivité sur ce socle : sans mise en œuvre concrète, les travaux des chercheurs demeurent lettre morte, et c’est précisément ce hiatus que l’atelier entend contribuer à combler.

 

Pour y parvenir, le ministère a déjà engagé plusieurs mécanismes. En matière de propriété intellectuelle, il subventionne le dépôt de brevets : le coût réel s’élève à un million de francs CFA, mais les inventeurs ne s’acquittent que de 22 500 francs, l’État prenant en charge le solde. L’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT) assure par ailleurs un accompagnement intégral des porteurs de projets jusqu’à la protection formelle de leurs résultats. En outre, le ministre a instruit l’installation de centres d’incubation au sein des agropoles et des zones industrielles, dotés d’ateliers pilotes permettant aux chercheurs de franchir le pas entre expérimentation et production industrielle effective.

 

Cette rencontre autour de l’innovation vise à tisser des ponts durables entre le monde académique et le secteur industriel, avec comme objectif, la transformation de la recherche en emplois, en nouvelles unités de production et en lignes industrielles opérationnelles.

 
Lundi 23 Mars 2026
Dakaractu



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