Victimes Cité Tobago : Vers la création d’une commission tripartite et l’élaboration d’un document de base destiné au Chef de l’Etat

Après avoir sollicité les bons offices du Grand Serigne de Dakar, Pape Ibrahima Diagne, le Collectif des victimes des destructions d’habitation à la Cité Tobago avait invité le Chef supérieur de la Collectivité Léboue, sur le site incriminé, le jeudi 09 juillet dernier, pour lui exposer leur situation, indique un communiqué reçu à notre rédaction. Le Premier ministre Mouhamed Boune Abdallah Dione a, par la suite, proposé au Chef supérieur de la Collectivité Léboue une rencontre élargie, en vue d’échanger en profondeur sur ce délicat dossier.


Victimes Cité Tobago : Vers la création d’une commission tripartite et l’élaboration d’un document de base destiné au Chef de l’Etat
Lors de cette séance de travail, qui s’est tenue ce mercredi 15 juillet 2015 à 11 heures à la Primature, le maître des lieux était accompagné du Ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo, de son directeur de Cabinet M. Diaturu Ndiaye et de l’Inspecteur du Cadastre et Conseiller technique à la Primature, M. Abdourahmane Niang, relate la note.
Après les prières d’ouverture de l’Imam Ratib de Yoff El Hadji Malick Diène, le Premier ministre, dans son propos introductif, s’est félicité de la tenue de cette rencontre, dont l’objectif est de trouver une solution à un drame social. Car, a-t-il souligné, «il s’agit de pères et de mères de famille de bonne volonté, qui ont été abusés de bonne foi, lors de l’acquisition de biens fonciers, à usage d’habitation, espérant sans doute qu’ils auront par la suite la latitude de procéder à la régularisation de leurs acquisitions».
Le Ndèye Jiréw de Yoff, Baye Babacar Mbengue, a fait l’historique du site litigieux, pour mieux camper le sens de la médiation du Grand Serigne de Dakar Pape Ibrahima Diagne. Il a expliqué comment la 64-46, dite «Loi sur le Domaine national», a eu un impact négatif sur le droit foncier coutumier. Il a démontré comment la Loi sur le Domaine national a exclu, de fait, de nombreuses familles de leurs héritages fonciers coutumiers, consécutivement au défaut d’immatriculation de leur terre, comme les y obligeait la Loi domaniale. C’est ainsi que le site de la Cité Tobago s’est retrouvée aujourd’hui dans une situation aberrante de TNI (terrain non-immatriculé). Ceux qui ont acheté leurs terrains sur ce site, n’avaient pas hésité à y investir de bonne foi, dans l’espoir que leurs propriétés feront incessamment l’objet de régularisation, en rapport avec les autorités coutumières locales et municipales.
Le Président du Collectif de victimes Daouda Mbengue a démontré comment des familles ont dû injecter toutes leurs économies dans ces constructions. Surtout des travailleurs immigrés sénégalais, qui envoyaient régulièrement de l’argent à leurs familles pour acquérir un toit. Il a révélé que des ménages ont failli voler en éclats, en apprenant les opérations de démolitions. Des retraités d’âge avancé ont été traumatisés, au point que l’un d’eux, souffrant de cardiopathie, a failli rendre l’âme en apprenant la destruction de sa maison. Le président du Collectif des victimes a insisté sur le fait que les sinistrés vivent un réel cauchemar. Avant de solliciter du Premier ministre l’arrêt définitif des opérations de destructions, en accordant notamment un sursit à cette demi-douzaine de maisons, déjà construites et habitées par leurs propriétaires et leurs familles.
Dans sa réponse, le premier ministre, après avoir rappelé aux victimes qu’ils ont été abusés de bonne foi, a réitéré la volonté de l’État de tout mettre en œuvre pour limiter les dégâts, bien que la loi soit générale et impersonnelle. Il a révélé que parmi les vendeurs, il y en a un qui a vendu des parcelles qui avaient pourtant fait l’objet d’une indemnisation, que ce spéculateur a encaissé depuis 1970 ! Le Premier ministre a assuré que tous ceux qui, dans le privé comme dans l’administration, sont été impliqués dans ces spéculations, ou qui ont fait preuve de négligence ou de complicité dans la commission de ces indélicatesses, ont été sanctionnés. Et l’enquête continue. Le Premier ministre a assuré aux intéressés qu’il y avait 75% des maisons qui n’étaient qu’au stade de fondation et de chaînage. Il a réaffirmé que c’est parce qu’il est sensible à ce drame qu’il avait lui-même pris l’initiative d’appeler au téléphone le Grand Serigne de Dakar Pape Ibrahima Diagne. Et c’est ce qui explique cette rencontre, dont l’objectif est de trouver une solution acceptable pour tous. Le Chef du Gouvernement a révélé que le Président de la République est très préoccupé par le sort des familles victimes. Il a invité le Collectif à arrêter de dire «qu’on nous rende nos maisons !». Car, dit-il, «si elles vous appartenaient réellement, elles n’auraient pas fait l’objet de démolition». Il les a par conséquent invités à «se garder de poser le problème en terme de rapport de force. Mais de s’inscrire plutôt dans une logique de recherche de solution consensuelle. Et qu’en tout état de cause, l’État se gardera de faire des promesses démagogiques. Ne perdons pas de vue que cette rencontre, que j’ai proposée de concert avec le Grand Serigne de Dakar Pape Ibrahima Diagne, est une rencontre de facilitation».
Le Ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, dans son propos, a dit que «la situation était certes pénible pour tout le monde, mais qu’il ne fallait pas pour autant céder à la tentation de réclamer la restitution des sites où se trouvaient ces constructions irrégulières. Parce qu’il ne faut pas croire que parce qu’un nouvel aéroport a été construit à Diass que celui de Yoff doit être automatiquement fermé. Concernant les maisons en ‘sursis’, (non-encore détruites), nous allons voir avec le Gouverneur ce qu’il et possible de faire».
En concluant la réunion, le Premier ministre a annoncé la création d’une commission tripartite (Etat/Collectivité Léboue/Collectif des victimes), avec pour mission de préparer une un document de base destiné au Chef de l’Etat, afin que celui-ci puisse disposer de suffisamment d’éléments pouvant lui permettre de faire des propositions concrètes au Collectif, qu’il recevra en audience, à son retour de pèlerinage aux Lieux Saints.
 
Mercredi 15 Juillet 2015
Dakar actu




1.Posté par Lébougui2015 le 15/07/2015 23:31
Voilà ce que l'on peut appeler une médiation responsable et digne de ce nom! "Noonoula" Grand Serigne, rencontrer d'abord les autorités étatiques, en présence des victimes des destructions, au lieu d'aller faire du "foureul" dans les médias, en disant que "le problème va être résolu en 48h!" Voilà une démarche utile et transparente! Qu'Allah vous rétribue Grand Serigne d'avoir bien voulu répondre favorablement aux cris de détresse des victimes de Tobago!

2.Posté par Amina le 15/07/2015 23:34
Mais qui est donc ce Youssoupha Ndiaye dont on dit qu'il est le cerveau ???



Dans la même rubrique :