Touba : un maître coranique condamné après avoir enchaîné sept talibés et imposé la mendicité

Le Tribunal des flagrants délits de Diourbel a condamné Moustapha Dramé à quinze jours de prison ferme et à une amende de 50 000 FCFA. Le maître coranique a reconnu avoir enchaîné aux chevilles sept garçons âgés de 9 à 14 ans pendant plusieurs jours. Il leur imposait également de mendier et de lui remettre l’argent collecté.


Sept enfants enchaînés pendant plusieurs jours
 
Moustapha Dramé comparaissait le jeudi 23 juillet 2026 devant le Tribunal des flagrants délits de Diourbel.
 
Le maître coranique, originaire de Kaolack, marié et père de cinq enfants, était poursuivi pour violences et voies de fait sur des mineurs de moins de 15 ans placés sous son autorité, ainsi que pour exploitation de la mendicité d’autrui.
 
Selon L’Observateur, sept de ses disciples, âgés de 9 à 14 ans, avaient été enchaînés aux chevilles pendant plusieurs jours.
 
La fuite des talibés invoquée pour se défendre
 
À la barre, Moustapha Dramé a reconnu avoir enchaîné les enfants.
 
Il a expliqué que les garçons avaient l’habitude de quitter le daara au lieu de suivre leurs enseignements. Les chaînes auraient donc été utilisées, selon sa version, pour les empêcher de s’enfuir.
 
Le prévenu a également déclaré avoir agi avec l’accord des parents, qu’il affirme avoir contactés par téléphone.
 
Cette justification n’a pas empêché les poursuites, le recours aux chaînes constituant une atteinte à l’intégrité et à la dignité des enfants placés sous sa responsabilité.
 
La mendicité imposée aux disciples
 
Moustapha Dramé a également reconnu que les talibés étaient envoyés mendier.
 
Il a soutenu que les sommes collectées étaient utilisées pour assurer leurs besoins quotidiens et financer certaines dépenses du daara.
 
Le maître coranique a reproché à plusieurs parents de ne plus participer à la prise en charge de leurs enfants après les avoir confiés à son établissement. Selon lui, cette absence de contribution l’aurait conduit à recourir à la mendicité.
 
Le parquet requiert deux ans avec sursis
 
Le procureur Farba Ngom a rejeté les arguments avancés par le prévenu, tout en tenant compte de sa situation.
 
Le représentant du ministère public a requis une peine de deux ans de prison assortie du sursis.
 
La défense, assurée par Me Serigne Diongue, a plaidé pour une application particulièrement clémente de la loi. L’avocat a affirmé que son client avait voulu agir pour le bien des enfants, mais qu’il avait transgressé la loi sans mesurer la gravité de ses actes.
 
Quatre talibés confirment les faits
 
Quatre des sept enfants concernés ont effectué le déplacement au Palais de justice de Diourbel.
 
Ils ont confirmé les déclarations faites au cours de l’enquête ainsi que les faits reconnus par Moustapha Dramé.
 
Ils n’ont toutefois pas formulé de demande de dommages et intérêts.
 
Après délibération, le tribunal a reconnu le maître coranique coupable de l’ensemble des charges. Il l’a condamné à quinze jours de prison ferme et au paiement d’une amende de 50 000 FCFA.
Samedi 25 Juillet 2026
Dakaractu



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