Simol à Guédiawaye : Bébé Jackson et son convoi rattrapés par la justice, une information judiciaire ouverte


Le dossier judiciaire s’alourdit pour le lutteur Abdou Lô Sène, plus connu sous le nom de Bébé Jackson, et les membres de son convoi. Selon le quotidien L’Observateur, le procureur de la République a requis l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire des agressions collectives en mode « Simol » survenues le dimanche 4 janvier aux abords de l’arrêt Dial Mbaye, à Guédiawaye.

 

Les faits, largement relayés par une vidéo virale, ont mis en cause un groupe présenté comme un convoi lié au lutteur. Après un troisième retour de parquet, l’affaire a pris un nouveau tournant avec l’interpellation d’un sixième suspect, clairement identifié sur les images, renforçant les charges retenues par le parquet, rapporte L’Observateur.

 

Cette enquête s’inscrit dans un contexte de fermeté affichée par les autorités, sur instruction du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Bamba Cissé, déterminées à éradiquer le phénomène du « Simol », ces agressions de masse perpétrées en plein jour par des groupes organisés.

 

Présenté comme étant au cœur du convoi, Bébé Jackson a été le premier interpellé. Lors de son audition au commissariat de police de Guédiawaye, le lutteur a cité plusieurs personnes qui l’accompagnaient ce jour-là. Son entraîneur de boxe, P. O. Sow, a été arrêté après avoir répondu à sa convocation. Trois autres individus ont ensuite été interpellés : Y. Samb (21 ans, mécanicien), M. Yade (20 ans, maçon) et P. Niang (24 ans, charretier), tous désignés comme occupants du véhicule constituant le convoi incriminé, précise L’Observateur.

 

Âgé de 30 ans, domicilié à Niary Boulangerie et se présentant comme commerçant, Abdou Lô Sène reconnaît sa présence sur les lieux au moment des faits, affirmant qu’il se rendait à l’Arène nationale. Il soutient toutefois n’avoir « rien vu du tout », invoquant la mauvaise qualité de la vidéo pour expliquer son incapacité à identifier les auteurs des violences, tout en admettant que son véhicule bleu apparaît distinctement sur les images.

 

Placés en garde à vue, Bébé Jackson et quatre de ses accompagnants, dont son entraîneur de boxe, sont poursuivis pour rassemblement illicite ayant entraîné des dommages aux personnes et aux biens. Interrogé sur la composition exacte de son convoi, le lutteur a évoqué onze personnes : trois passagers à bord de son véhicule, deux membres d’une escorte à moto et six sympathisants l’accompagnant habituellement à pied lors de ses déplacements.

 

Pour justifier ce déplacement, Bébé Jackson a avancé l’existence d’un combat de lutte initialement programmé, puis annulé le jour même. Une version fermement démentie par le promoteur Abdou Khadre Diélany Guèye, de Djily Productions, qui a nié toute organisation de combat entre Bébé Jackson et un adversaire nommé Thiatou Pathé à la date du 4 janvier, fragilisant davantage la ligne de défense du lutteur, souligne L’Observateur.

 

Déférés une première fois au parquet du Tribunal de Pikine-Guédiawaye le jeudi 8 janvier, puis renvoyés à deux reprises, les mis en cause ont encore passé la nuit au commissariat.

Mardi 13 Janvier 2026
Dakaractu



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