Samba Diouldé Thiam sur Ousmane Sonko : « C’est un Mussolini sénégalais mal tropicalisé… un gardien d’une révolution imaginaire »


Devant l’Assemblée nationale, un Premier ministre s’est proclamé, avec une solennité déconcertante, gardien d’une révolution non réalisée. C’est Samba Diouldé Thiam, leader du Parti de la Renaissance et de la Citoyenneté (PRC), qui s’exprime en ces termes dans un texte-bilan citoyen, rédigé par conscience et par devoir, dit-il, « sans esprit de haine ou de nuisance. Parce qu’il y va du Sénégal. Pour ce responsable politique, « toute révolution est une rupture d’un ordre constitutionnel préexistant. Et cette rupture n’a pas eu lieu. La passation de service entre le pouvoir sortant et celui entrant a été organisée par celui-là même ! » Dès lors, conclut-il avec ironie, « notre PM est en rupture totale avec la culture politique généralement admise dans le monde et, s’il a raison, il devrait figurer au Guinness. »
 
La dérive ne s’arrête pas à la rhétorique. Le leader du PRC souligne une réalité économique accablante : « comment expliquer la descente en quasi enfer du pays, qui voit passer du simple au double son taux d’endettement, autrement que par une parole trop lourde de conséquences, qui n’avait à être dite par son auteur ? » Une usurpation de fonction, dit-il, manifeste et répétitive, qui coûte au pays bien plus que des mots.
 
Sur la question des commissariats dans les universités, Thiam est sans concession : « Seules les dictatures installent ouvertement des centurions dans les universités. L’annonce donc, sur ce point, est d’une nullité politique crasse. C’est un effet de manches et d’impuissance. » Fort de sa longue expérience politique, il dresse un portrait sans appel du Premier ministre : « Notre PM a décidé d’être un Mussolini sénégalais, mal tropicalisé, pour compenser son incapacité à dialoguer avec l’intelligence. Un gourou ne dialogue pas, il instrumentalise. »
 
S’adressant directement au Chef de l’État, le président du PRC écrit avec la gravité d’un homme d’expérience : « Je vous le demande comme citoyen sénégalais et comme quelqu’un qui a au moins l’âge de votre père. » Il rappelle une déclaration présidentielle restée dans les mémoires : « Vous en avez pris acte et vous l’avez dit de façon solennelle, non dénuée de subtilité : ‘Qu’il regarde MON FAUTEUIL !’ Et vlan pour le message ! »
 
Dans une réflexion plus large sur la gouvernance, Thiam formule un diagnostic politique original : « Beaucoup mettent en garde les pays contre la malédiction du pétrole, et presque personne ne parle de la malédiction du fauteuil présidentiel. Cette maladie, à son stade manifeste, est la raison du piétinement du Sénégal et de ses errances développementales. » La cohabitation entre le Président et son Premier ministre, observe-t-il, a trop duré. Le pays en paie le prix, pour des considérations qui n’engagent que des égos, non l’intérêt national.
 
Le leader du PRC termine avec une sérénité assumée et une lucidité désarmante : « Quant à moi, je suis vieux pour être envoyé en prison. La seule mésaventure qui me guette serait d’être assassiné sur commandite explicite ou implicite. » Sur ceux qui l’insultent, il estime que : « l’insulte est l’arme des incultes, des ignares et de ceux qui n’ont pas reçu une bonne éducation dans la famille. Elle révèle l’instabilité psychologique de l’insulteur, qui est malade, et ce faisant, il mérite la compassion et le pardon. »
Jeudi 26 Février 2026
Dakaractu



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