Ouganda: l’opposant Kizza Besigye placé en soins intensifs après un malaise au tribunal


Ouganda: l’opposant Kizza Besigye placé en soins intensifs après un malaise au tribunal
En Ouganda, l'état de santé de l'opposant Kizza Besigye inquiète. L'ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, devenu son principal adversaire, avait été enlevé en 2024 lors d'un déplacement au Kenya et ramené de force à Kampala où il est désormais face à la justice. Conduit en hospitalisation ce mercredi 29 juillet après qu'il se soit écroulé en pleine audience, il a été placé en soins intensifs dans un hôpital de la capitale du pays. Ses proches, notamment sa femme, le disent « inconscient et même insensible » à des stimuli douloureux. 

La porte-parole de l'hôpital public de Mulago a confirmé ce jeudi matin à l'AFP le placement de Kizza Besigye en soins intensifs mercredi, sans autres précisions. « Il était dans un état critique et inconscient », a confirmé sous anonymat une autre source du même hôpital.

Quelques heures plus tôt, mercredi, l'opposant a fait un malaise et s'est écroulé en pleine audience, après avoir refusé de manière virulente les avocats désignés d'office par l'État ougandais, dans une affaire où il est jugé pour trahison. L'un de ses avocats, Kato Tumusiime, suggère qu'il pourrait avoir subi de mauvais traitements avant cet incident.

« Son médecin personnel, qui est aussi sa sœur, a été autorisé à le voir, mais ses avocats, eux, n’ont pas pu avoir accès à lui. Lorsqu’une personne n’est plus, en raison de son état de santé, en mesure de comprendre ce qui se passe au tribunal, la procédure ne peut tout simplement pas se poursuivre. Le procès doit donc être suspendu. Ses demandes pour bénéficier de soins médicaux adaptés n’ont jamais été prises en compte. C’est d’ailleurs l’un des principaux motifs invoqués par la défense pour demander sa remise en liberté », estime Maître Kato Tumusiime.

 

« Les autorités veulent qu’il devienne trop malade pour supporter davantage la détention, afin de le pousser à plaider coupable dans des circonstances troubles, sous la contrainte ou par la force, et pouvoir ainsi le condamner. Leur objectif est d’obtenir une condamnation à tout prix. Tout porte à croire que quelque chose a déclenché ce malaise. Son état de santé s’était pourtant amélioré et il allait relativement bien. Nous ignorons ce qui a pu provoquer cet épisode. Aucune hypothèse ne peut donc être écartée à ce stade, y compris celle de mauvais traitements, de violences ou de torture », ajoute-t-il.

Winnie Byanyima, son épouse, avait déjà en 2025 dénoncé les conditions de détention « inhumaines » de son mari dans une « cellule minuscule et surpeuplée ». Elle avait évoqué « un complot » pour tuer Kizza Besigye, de la part du président ougandais.

Jeudi 30 Juillet 2026
RFI



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