Le Sénégal a franchi une nouvelle étape dans l’élaboration de sa stratégie nationale sur les minéraux critiques et stratégiques, à l’occasion d’une rencontre de concertation réunissant la société civile, les sociétés minières, les universitaires et les autres parties prenantes. Le docteur Rokhaya Samba Diène, directrice générale du Service géologique national (SGN), a détaillé le rôle central confié à sa structure dans ce processus.
Établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle technique du ministère des Mines et de la Géologie, le SGN a été désigné comme point focal pour la mise en œuvre de cette stratégie, avec l’appui technique du Forum intergouvernemental sur les mines, les métaux et le développement durable (IGF), dont le secrétariat est assuré par l’Institut international du développement durable. Le Sénégal, membre fondateur de ce forum qui compte aujourd’hui 85 pays à travers le monde, entend ainsi s’appuyer sur une expertise internationale reconnue.
Selon le Dr Rokhaya Samba Diène, l’enjeu premier de cette rencontre dépasse la simple identification des ressources : il s’agit d’abord de définir ce que recouvre, pour le Sénégal, la notion même de criticité. « Selon les pays, selon les besoins, la définition change », a-t-elle rappelé, soulignant que cette définition sera le fruit d’un travail collectif associant l’ensemble des parties prenantes invitées à la rencontre.
Une liste de minéraux critiques sera établie sur cette base. La directrice a cité l’exemple du phosphate, considéré au Sénégal comme un minéral stratégique en raison de son rôle dans l’autosuffisance alimentaire du pays, contrairement à d’autres nations qui misent davantage sur le cobalt ou sur des minéraux liés à la transition énergétique, dont le Sénégal ne dispose pas, mais pour lesquels il possède d’autres ressources potentiellement mobilisables.
Cette étape constitue la deuxième phase du processus, après un lancement effectué en ligne en présence du ministre des Mines. Un comité technique interne au ministère travaille désormais à l’élaboration d’une feuille de route devant conduire, dans les meilleurs délais, à l’adoption d’une stratégie nationale.
Pour nourrir sa réflexion, le Sénégal entend s’appuyer sur les expériences de pays ayant déjà défini leurs propres stratégies en la matière, tels que le Niger, la Sierra Leone, la République démocratique du Congo, le Chili ou encore le Brésil, ainsi que sur celle de l’Union africaine, à travers le Centre africain de développement des ressources minérales, qui a élaboré une stratégie sur ce qu’elle nomme les « minéraux verts ».
Sur le terrain, une étude de recherche minérale, étendue au-delà des seuls minéraux liés à la transition énergétique à la demande du ministère, doit permettre de mieux circonscrire les ressources du pays. Le SGN s’appuie, pour l’heure, sur la carte géologique existante, qui a permis d’identifier des zones cibles, sans que les ressources, et encore moins les réserves, n’y soient précisément établies. « C’est la première phase, c’est-à-dire avoir des données fiables », a insisté le Dr Diène, avant de pouvoir passer à l’estimation des réserves, puis au classement officiel des minéraux stratégiques.
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