Un drame d’une rare violence secoue Mandina Mancagne, dans la commune de Niaguis (Ziguinchor). Le 24 août dernier, Prosper Kénon, en proie à ses démons, s’est immolé par le feu avec ses propres enfants, causant la mort de son fils de deux ans et brûlant grièvement sa fille Khady. Leur mère, Zeynabou Bilal, vit désormais entre douleur, incompréhension et accusations insupportables. Dans un témoignage exclusif accordé à L’Observateur, elle a brisé le silence.
Une mère entre deuil et désespoir
Au chevet de sa fille toujours dans un état critique à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, Zeynabou Bilal, d’origine malienne, raconte son calvaire. « Ma fille est dans le coma, son corps est dans un état indicible. J’essaie d’être forte, mais j’ai mal. Et au lieu de soutien, j’entends des rumeurs qui m’accablent. Je demande aux gens d’arrêter, ce que j’ai vécu avec Prosper, moi seule le sais », confie-t-elle à L’Observateur.
Son récit est glaçant. Elle se souvient de ces mots arrachés à sa fille, dans l’ambulance :
Zeynabou décrit Prosper Kénon comme un homme alcoolique, jaloux et violent. « Il passait son temps à me battre, à m’insulter devant tout le monde. Même les enfants n’étaient pas épargnés », dit-elle. Selon ses confidences, Prosper obligeait ses enfants à lui acheter de l’alcool et pouvait aller jusqu’à jeter un téléviseur sur leur aîné, Omar, sauvé in extremis en étant hébergé par une amie de la famille.
Malgré les tentatives d’intervention de l’Action éducative en milieu ouvert (Aemo), Prosper n’avait jamais cessé ses violences. « Un mois après avoir promis de changer, il recommençait », se remémore Zeynabou. Finalement, elle avait quitté définitivement la maison le 9 mars dernier, emménageant seule avec ses enfants.
Le dimanche 24 août, tout bascule. Prosper, en état d’ébriété, fait irruption dans une église de Tilène, où Zeynabou assistait à une prédication, et repart de force avec deux des enfants. Le soir, une amie appelle Zeynabou : la maison où Prosper s’était retranché est en feu, avec les enfants à l’intérieur.
Quand elle arrive à l’hôpital, sa fille Khady est encore vivante, mais grièvement brûlée, et répète sans cesse que son père l’a aspergée d’essence.
Une mère entre deuil et désespoir
Au chevet de sa fille toujours dans un état critique à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, Zeynabou Bilal, d’origine malienne, raconte son calvaire. « Ma fille est dans le coma, son corps est dans un état indicible. J’essaie d’être forte, mais j’ai mal. Et au lieu de soutien, j’entends des rumeurs qui m’accablent. Je demande aux gens d’arrêter, ce que j’ai vécu avec Prosper, moi seule le sais », confie-t-elle à L’Observateur.
Son récit est glaçant. Elle se souvient de ces mots arrachés à sa fille, dans l’ambulance :
« Mon père a versé de l’essence sur moi ».
Quelques heures plus tard, son petit garçon, Abdou Aziz alias Junior, succombait, son corps calciné.
Un compagnon violent et instable
Zeynabou décrit Prosper Kénon comme un homme alcoolique, jaloux et violent. « Il passait son temps à me battre, à m’insulter devant tout le monde. Même les enfants n’étaient pas épargnés », dit-elle. Selon ses confidences, Prosper obligeait ses enfants à lui acheter de l’alcool et pouvait aller jusqu’à jeter un téléviseur sur leur aîné, Omar, sauvé in extremis en étant hébergé par une amie de la famille.
Malgré les tentatives d’intervention de l’Action éducative en milieu ouvert (Aemo), Prosper n’avait jamais cessé ses violences. « Un mois après avoir promis de changer, il recommençait », se remémore Zeynabou. Finalement, elle avait quitté définitivement la maison le 9 mars dernier, emménageant seule avec ses enfants.
Le jour du drame
Le dimanche 24 août, tout bascule. Prosper, en état d’ébriété, fait irruption dans une église de Tilène, où Zeynabou assistait à une prédication, et repart de force avec deux des enfants. Le soir, une amie appelle Zeynabou : la maison où Prosper s’était retranché est en feu, avec les enfants à l’intérieur.
Quand elle arrive à l’hôpital, sa fille Khady est encore vivante, mais grièvement brûlée, et répète sans cesse que son père l’a aspergée d’essence.
Une vie brisée par la violence conjugale
Pour Zeynabou, ce drame est l’aboutissement d’années de violences, de menaces et d’humiliations. « Je n’étais pas mariée avec lui, je n’avais aucun papier de mariage. Les gens parlent de divorce, mais c’est faux. Moi, je voulais juste protéger mes enfants », confie-t-elle à L’Observateur.
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