Me Mame Adama Guèye sur la décision de la Cedeao (Khalifa Sall) : "L'État doit reconnaître humblement sa faute en essayant de corriger ça..."


Me Mame Adama Guèye sur la décision de la Cedeao (Khalifa Sall) : "L'État doit reconnaître humblement sa faute en essayant de corriger ça..."
En marge d'une tournée économique dans la région de Kaolack, le président du mouvement 'Sénégal Bou Bess' a donné son avis sur la décision de la Cedeao par rapport à l'affaire Khalifa Sall, estimant que "le droit à l'assistance d'un conseil, le droit à la présomption d'innocence et le droit à un procès équitable des requérants ont été violés". Me Mame Adama Guèye a déploré la réaction de l'État sur ce dossier. " C'est un camouflet pour le gouvernement notamment pour le président de la République parce que cette affaire est un montage à finalité politique. Ce qui est fondamental et ce qu'il faut mettre en exergue, c'est que l'Etat du Sénégal a été désavoué sur le fait qu'il n'ait pas reconnu à Khalifa Sall son immunité parlementaire. Donc, il y a une violation flagrante de la loi qui a été sanctionnée par la cour de justice de la Cedeao. Et je pense que l'État devrait reconnaître humblement sa faute en essayant de corriger ça. Ce qui s'est passé avec Khalifa Sall montre que ce procès a été fait de manière expéditive. Moi, je me réjouis de cette décision et j'invite le gouvernement à se réajuster plutôt qu'à botter en touche en disant que cela ne remet pas en cause le jugement. Ce n'est pas la question, car la question centrale c'est que l'État du Sénégal a été sanctionné. Il ne faut pas botter en touche en parlant des incidences de cette décision sur le procès qui est en cours. Alors, la question centrale c'est le désaveu cinglant qui été infligé au gouvernement du Sénégal et au président Macky Sall. "

Invité à faire une appréciation sur l'état actuel de notre démocratie, le célèbre avocat d'affaires a critiqué "sévèrement" les dérives du régime en place. " La démocratie n'est qu'un prétexte pour le président Macky Sall. Il avait parlé de la patrie avant le parti, aujourd'hui le parti vient avant la patrie, et c'est la manifestation la plus évidente du fait que le jeu démocratique ne fonctionne pas correctement. Tout est réduit à une question d'appartenance partisane. L'assemblée nationale est au service exclusif du président de la République. On prend la justice qui doit équilibrer les pouvoirs, ce sont les magistrats eux-mêmes qui ont des craintes par rapport à leur indépendance", a-t-il martelé. Avant de préconiser le passage d'une nouvelle République dans son programme de candidat à la présidentielle de 2019.

Au terme de sa tournée, le président du mouvement " Sénégal Bou Bess" a effectué une visite à la chambre de commerce de Kaolack où il a fait un plaidoyer en faveur du secteur privé. " Le Sénégal a besoin d'un secteur privé national pour son développement économique", a-t-il fait savoir.
Lundi 2 Juillet 2018
Dakaractu




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