Le philosophe Edgar Morin est décédé à l’âge de 104 ans


Le sociologue et philosophe Edgar Morin est mort vendredi à l’âge de 104 ans, a appris l’AFP samedi auprès de son épouse. Il était une figure majeure de la vie intellectuelle française.

Géant de la pensée, Edgar Morin est l’auteur d’une œuvre très diverse, connue bien au-delà de la France, à contre-courant de la sociologie traditionnelle se présentant comme une réflexion sur l’Homme à partir des données de la science.

Cet esprit encyclopédique, politiquement à gauche, restait toujours présent et écouté dans le débat intellectuel. Car ses réflexions sur le changement de nos modes de vie, alors que s’accélère la mondialisation, disent beaucoup sur notre époque.

L’originalité de ce juif laïque, qui se percevait comme un “braconnier du savoir”, a été de refuser la parcellisation de la connaissance, au profit d’une vision culturelle et scientifique pluridisciplinaire, afin d’affronter “la complexité du réel”.

“Penseur planétaire”

On l’appelait “le penseur planétaire” car il a visé, à travers le concept de “pensée complexe”, à “relier ce qui, dans notre perception habituelle, ne l’est pas”, à identifier “ce qui nous unit comme êtres humains”.

Edgar Morin estimait que plus s’aggravent les risques de crises (liées à la dissémination des armes nucléaires, à la dégradation de la biosphère ou à la dérégulation de l’économie), plus s’accroissent les chances de solutions.

À la question, qu’on lui a très souvent posée, de savoir s’il était un optimiste ou un pessimiste, il répondait en 2005 : “Je suis un ‘optipessimiste’ (...), j’espère sur un fond de désespérance”. Quatorze ans plus tard, il le formulait différemment: “j’ai gardé mes inspirations adolescentes tout en perdant mes illusions. Je ne crois plus à aucune promesse, aucun avenir radieux, aucun messie”.

Samedi 30 Mai 2026
7sur7.be



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :