À ceux qui doutaient ou qui se posaient encore des questions, on peut répondre que les choses sont maintenant claires. L’assemblée générale de ce samedi 07 Février va marquer un tournant dans le paysage politique sénégalais. Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et sa coalition viennent d’annoncer la couleur. Il n’est plus question d’hésiter ou de dissimuler, les ambitions sont affichées de manière non équivoque. Ce qui signifie que le choc entre le gardien de la révolution (Sonko) et le gardien des valeurs (Diomaye) aura bien lieu.
Depuis des mois, on alertait sur la dualité au sommet de l’État. Certains y voyaient parfois une volonté d’anéantir un duo idyllique. D’autres ne voulaient pas voir la réalité. L’adage dit : « Il n’est pire aveugle que celui qui refuse de voir ». Et pourtant, les signes
avant-coureurs étaient évidents. Les tiraillements entre les deux personnalités au sommet de l’État se manifestaient tous azimuts (au niveau du discours, des nominations, des limogeages, des principes et j’en passe). Diomaye avait cessé d’être sonko, le jour où il a prêté serment. D’ailleurs, il le rappelle à qui veut l’entendre : « C’est moi qui ai juré devant le peuple ».
Il est vrai que la formule « Diomaye moy Sonko » était très séduisante et sa réussite aurait pu faire tâche d’huile partout en Afrique. Malheureusement, la politique à ses démons. En général, les tandems finissent mal (par des meurtrissures ou des blessures).
On peut citer César et Cassius, Dia et Senghor, Sankara et Compaoré, Chirac et Sarkozy… C’est pourquoi, Alain Duhamel disait que le pouvoir ne se partage pas. Le tandem Diomaye/Sonko n’a pas échappé à cette réalité. La rencontre de ce samedi nous a montré que Madame Mimi Touré n’agissait pas de façon seule ou isolée. Elle menait ses activités sur stricte instruction du Président.
Le Ministre Abdourahmane Diouf a été plus précis et est allé plus loin. Il dit que la victoire présidentielle est « diomayène » c’est-à-dire non pastéfienne. En d’autres termes, la coalition remet en cause la toute-puissance du parti Pastef. Si Diomaye est devenu Président, c’est grâce à l’ensemble des forces réunies et qu’aucune obédience politique ne peut revendiquer seule cette victoire. D’ailleurs, la mouvance présidentielle donne rendez-vous pour les élections de 2029, selon Abdourahmane Diouf. Ce dernier pointe du doigt et met en garde ceux qui veulent créer un parti-État au Sénégal. La défiance est claire…
Bassirou Diomaye Faye a, quant à lui, préféré garder le silence sur son « secret de polichinelle ». Les autres ont parlé pour lui. S’il a appelé au travail et au dialogue, il est revenu sur les propos de Diouf en confirmant que le score de Mars 2024 appartient à la
coalition. On a vu un Diomaye qui sort de sa réserve pour mobiliser ses troupes : « Rien ne peut nous ébranler ». Le ton est clair et combattif. D’après lui, la coalition ne doit pas vaciller car sa mission est de s’implanter et de s’imposer partout.
Il est maintenant évident qu’on tend vers une confrontation directe entre partisans ou militants. Il ne peut y avoir deux visons au sein d’un même gouvernement. La cohabitation douce n’existe pas. Il faut faire un choix pour l’intérêt supérieur de la nation. À mon avis, si le Président (pour des raisons X ou Y) ne souhaite pas démettre Ousmane Sonko de ses fonctions en tant que Premier ministre, celui-ci doit prendre ses responsabilités et démissionner. Une telle décision va, non seulement, soulager le Pr Diomaye mais elle va surtout permettre à Sonko de se concentrer sur son parti et de préparer le comeback du Pastef pour les prochaines élections.
Dr Kanté Malao
Département de Philosophie (UCAD)
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