Un avocat porte plainte contre des agents du commissariat central pour violences et entrave à l’exercice de sa profession


L’intervention policière du 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar continue de susciter des remous dans l’espace public. En effet, un jeune avocat a déposé une plainte au parquet général contre des agents du Commissariat central de Dakar, qu’il accuse de « violences, voies de fait, injures et entrave à l’exercice de ses fonctions. » 
 
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 9 février, alors que l’avocat s’était présenté au commissariat vers 23h30 pour assister deux étudiants interpellés lors des événements survenus à l’université. Selon les informations du quotidien Enquête, après s’être présenté à l’agent chef de poste, l’avocat a demandé à s’entretenir avec ses clients. Les deux étudiants ont été conduits dans l’espace dédié au public, où se trouvaient déjà des parents. L’avocat a alors réclamé un lieu plus discret pour échanger en toute confidentialité avec ses clients, conformément à la réglementation en vigueur. Sa demande aurait été rejetée en des termes peu courtois. Le commissaire serait intervenu pour ordonner de « dégager » l’avocat, qui affirme dans sa plainte avoir été bousculé vers la sortie par les agents, devant témoins.
 
Cette affaire a suscité l’indignation au sein du barreau. Plusieurs confrères de la victime avaient envisagé de publier un communiqué avant d’en être dissuadés par le Bâtonnier, qui a préféré jouer les bons offices. « Ce qui s’est passé est inacceptable. C’est une atteinte grave à l’honneur et à la dignité d’un confrère, ainsi qu’aux droits de la défense », dénonce l’un d’eux, toujours selon Enquête. Les agents de police doivent comprendre que les avocats ne sont pas leurs adversaires mais des collaborateurs de justice, chacun exerçant une mission clairement définie par la loi. 
 
L’avocat interrogé souligne qu’il est totalement inadmissible qu’un membre du barreau, dans l’exercice de ses fonctions, soit victime de violences ou de traitements humiliants de la part des forces de l’ordre. Il estime cette situation d’autant plus regrettable que le ministre de l’Intérieur est lui-même issu de la profession, ce qui devrait renforcer plutôt que fragiliser le lien institutionnel entre les deux corps de métier.
Jeudi 12 Février 2026
Dakaractu



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