Sortie du gouvernement sur la situation universitaire : Le Collectif des amicales de l’UCAD dénonce des « manipulations et allégations erronées »


Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a publié un communiqué dans lequel il réclame une clarification ferme et documentée face aux récentes déclarations publiques du gouvernement concernant la crise universitaire qui secoue l’établissement.
 
Dans ce texte intitulé « Exigence de vérité ! », le Collectif dénonce « une posture paradoxale de l’État. » Alors que le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) reconnaît officiellement l’existence de dysfonctionnements structurels profonds du système universitaire national, il tenterait selon le Collectif d’en faire porter la responsabilité aux étudiants organisés. « Une telle posture traduit un déficit manifeste de dialogue social, de gouvernance concertée et de respect des cadres institutionnels de concertation avec les représentants légitimes des étudiants », déplore le collectif. 
 
Le Collectif identifie la source principale de la crise actuelle dans une inadéquation structurelle ancienne et largement documentée entre le calendrier universitaire et celui du paiement des bourses, qui obéissent à des logiques administratives distinctes et non harmonisées.
À cette problématique s’ajoute celle des rappels de bourses, une difficulté réelle et persistante, régulièrement dénoncée par les organisations étudiantes sans qu’une solution durable et structurelle n’ait été apportée.
 
Mise au point sur la composition du Collectif
 
Face à des allégations qu’il juge erronées et préjudiciables, le Collectif tient à rétablir certaines vérités. Il affirme qu’aucun délégué issu du Collectif ne provient de l’Université Cheikh Anta Diop depuis 2016. Le Collectif réfute également avec force les accusations selon lesquelles les délégués étudiants seraient sous influences extérieures, qualifiant ces propos d’“infondés, dangereux et attentatoires à l’honneur, à la crédibilité et à l’intégrité morale des responsables syndicaux étudiants”. Il se réserve le droit d’engager toute action judiciaire appropriée, notamment pour diffamation, à l’encontre de Monsieur Daouda Ngom.
 
Manipulation de l’opinion publique dénoncée
 
Le Collectif dénonce toute tentative de manipulation de l’opinion publique. Il souligne que les vidéos présentées pour justifier certaines interventions ne correspondent pas aux événements récents et sont antérieures aux faits évoqués. En revanche, le Collectif affirme qu’il est établi que des étudiants ont été blessés, interpellés de manière arbitraire et soumis à des traitements contraires aux principes fondamentaux de l’État de droit, aux libertés publiques et académiques.
 
Les étudiants estiment que rien ne saurait justifier l’intervention des forces de l’ordre contre des étudiants qui avaient décrété une journée symbolique de recueillement, acte pacifique, légitime et conforme aux traditions universitaires, destiné à honorer la mémoire de leurs camarades décédés à l’Université Gaston Berger lors des récents événements politiques. 
 
Tout en réaffirmant son attachement au dialogue responsable, à la paix sociale et au règlement institutionnel des conflits, le Collectif rappelle qu’“aucune intimidation, aucune falsification des faits ni aucune tentative de criminalisation de l’action syndicale étudiante ne saurait étouffer des revendications légitimes fondées sur la dignité, la justice et le respect des droits des étudiants. 
 
Le Collectif interpelle le Ministre afin qu’il assume pleinement ses responsabilités institutionnelles, en rapportant les faits avec objectivité, sincérité et rigueur, conformément aux obligations qui s’attachent à la fonction ministérielle et au devoir de vérité envers les citoyens.
 
Enfin, le Collectif observe qu’une conférence de presse organisée sans possibilité de contradiction ni de questions de la presse soulève de légitimes interrogations quant à la volonté réelle de transparence. Il précise que des éléments matériels, notamment des vidéos et des images, existent et sont susceptibles d’être versés au débat public et, le cas échéant, aux juridictions compétentes.
Mercredi 11 Février 2026
Dakaractu



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