DAKARACTU.COM ''Ce que nous disons c’est que le procès de Hissène Habré doit être équitable. Il doit bénéficier de tous les droits pour la défense mais nous ne pouvons pas dire aujourd’hui que c’est un enlèvement’’, a dit M. M'bodji, au cours d'une conférence de presse.
Aboubacry M'bodji situe cette arrestation dans ‘’le cours normal du processus pour en finir définitivement’’ avec ce dossier.
Selon lui, ‘’ce n’est pas aujourd’hui que la RADDHO s’occupe de cette question. Elle l’avait fait en étroite collaboration avec l’Association des victimes et les autres organisations sœurs’’.
‘’Nous avons même mis en place un collectif qui suivait cette affaire depuis des années et l’affaire a connu de nouveaux rebondissements surtout avec l’alternance politique intervenue au Sénégal en 2012’’, a-t-il rappelé.
‘’Ce que nous attendons, c’est que le procès ait lieu et qu’il soit un procès équitable parce que jusqu’à présent Hissène Habré n’est pas encore coupable mais présumé coupable des crimes contre l’humanité. Jusqu’à ce que le tribunal statue sur sa culpabilité, il est présumé innocent'', a-t-il soutenu.
M. Mbodji a ajouté : ''C’est une question d’actualité et nous militons en faveur de l’idée selon laquelle il est possible de faire cesser l’impunité. Notre combat c’est lutter contre l’impunité''.
Hissène Habré a été interpellé dans sa résidence située aux Mamelles de Dakar et placé en garde à vue, dimanche, en attendant son audition par le procureur général des Chambres africaines extraordinaires (CAE) créées au sein des juridictions sénégalaises en vue de la tenue de son procès.
L’ancien président tchadien, qui vit en exil à Dakar depuis sa chute après huit ans de pouvoir au Tchad (1982-1990), est accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture. Selon des ONG, 40.000 personnes auraient été tuées durant sa présidence.
Pour son jugement, le gouvernement sénégalais et l’Union africaine (UA) ont signé un accord, en vue de la création, au Sénégal, d’un tribunal spécial. L’accord a été approuvé le 19 décembre par les députés sénégalais.
Le Sénégal avait été mandaté en juillet 2006 par l’UA pour faire juger M. Habré, mais l’ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade, n’a jamais organisé de procès.
Son successeur, Macky Sall, qui a pris ses fonctions en avril 2012, a exclu d’extrader Hissène Habré en Belgique, pays qui le réclame. M. Sall s’était engagé à organiser un procès au Sénégal.
La mise en place des CAE a eu lieu à la suite de la résolution 401 adoptée le 31 janvier 2012 par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA.
Cette résolution demande au gouvernement du Sénégal d’examiner les modalités pratiques, ainsi que les implications juridiques et financières, pour la suite des crimes internationaux présumés commis sur le territoire tchadien durant la présidence Habré.
APS
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