Faux Cachets : Comment Abdoulaye Gadio a Monté sa Fabrique de Documents Officiels


La vigilance du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a permis de mettre hors d’état de nuire un faussaire présumé : Abdoulaye Gadio, 54 ans, arrêté et déféré par la brigade de Dakar-ville (Thionk). Selon les informations rapportées par Libération, l’ouvrier est accusé de contrefaçon et usage des sceaux de l’État, faux en écriture publique authentique, escroquerie sur les services publics, mais aussi détention de chanvre indien.
 
 
Une vigilance qui fait tomber un réseau artisanal mais dangereux
 
Tout commence le 12 novembre, lorsque le chef du poste de sécurité de l’annexe 2 du ministère interpelle un individu, A. Baldé, porteur d’un bulletin n°3 du casier judiciaire appartenant à la fille d’un diplomate mauritanien. Le document, pourtant apostillé, comportait un cachet nominatif falsifié et la signature imitée du diplomate sénégalais M. Faye, en fonction au ministère.
 
Selon Libération, A. Baldé — jardinier à l’ambassade de Mauritanie — avait été chargé par le premier conseiller de faire traduire et légaliser le casier judiciaire. Mission simple en apparence… jusqu’à sa rencontre avec Gadio, une ancienne connaissance, juste à la sortie du tribunal.
 
 
La proposition « express » qui a tout fait basculer
 
D’après les déclarations d’A. Baldé aux enquêteurs, Abdoulaye Gadio lui aurait assuré pouvoir obtenir une traduction en anglais et une légalisation express au ministère. Tarif annoncé : 15 000 F CFA.
 
Convaincu, Baldé lui confie les documents… mais au moment de les présenter au bureau de certification du ministère, le personnel détecte immédiatement le faux. Avertis et munis de l’adresse du suspect, les gendarmes se rendent à Derklé, où ils n’auront aucun mal à le retrouver.
 
 
Une perquisition qui dévoile un véritable arsenal de falsification
 
La fouille de la chambre de Gadio a permis de mettre la main sur un matériel compromettant, décrit par Libération :
• un cachet portant la mention « certifié conforme à l’original »,
• un cachet nominatif au nom d’un administrateur de greffe,
• une copie falsifiée d’un extrait des minutes du greffe du tribunal d’instance de Pikine,
• un joint de chanvre indien,
• et 130 000 F CFA en liquide.
 
Autant d’éléments qui confortent les soupçons des enquêteurs sur son activité de faussaire.
 
 
Gadio reconnaît… mais tente de minimiser
 
Face aux gendarmes, Abdoulaye Gadio reconnaît « partiellement » les faits, assurant qu’il ne cherchait qu’à « aider les nécessiteux » ayant besoin de documents légalisés.
Concernant l’origine des cachets falsifiés, il évoque un certain M. Diallo, prétendument décédé depuis trois ans — une explication que les enquêteurs prennent avec prudence.
 
 
Des plaintes officielles dans la foulée
 
Toujours selon Libération, le diplomate M. Faye ainsi que l’administrateur des greffes dont le nom a été utilisé pour les faux cachets ont annoncé qu’ils portaient plainte contre Abdoulaye Gadio
Mardi 18 Novembre 2025
Dakaractu




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