Crise dans le système éducatif : Les enseignants savent-ils raison garder ?


La journée d'aujourd'hui va sans nul doute marquer un tournant décisif dans le système éducatif sénégalais qui traverse une crise sans précédent. En effet, les syndicalistes qui sont à couteaux tirés avec l’État du Sénégal vont dérouler à partir de ce mercredi 11 Avril 2018, leur plan d’action, 6ème du genre depuis l’ouverture des classes. 

Ces syndicalistes réunis autour du G6 invitent tous leurs camarades enseignants à se rendre aux différentes assemblées générales de leurs localités respectives afin de donner leurs points de vue sur les propositions faites par le président de la République ainsi que la demande formulée par le Khalife général des Tidianes concernant la suspension de leur mot d’ordre de grève. Ils demandent ainsi à tous les responsables d’être fidèles dans la rédaction des PV qui devront être envoyés au niveau national pour exploitation et synthèse.
Dans la même veine, le G6 invite tous les enseignants à prendre part à la grande marche nationale de Ziguinchor prévue le jeudi 12 avril prochain. Ce qui dénote un véritable paradoxe dans la démarche et la stratégie des syndicalistes. En recevant le G6 le 30 mars 2018 en présence des membres du gouvernement, le chef de l’État s'est engagé à augmenter 25.000 FCFA sur le régime indemnitaire à raison de 15.000 Fcfa à partir du mois d’Octobre 2018 et 10.000 F CFA en Janvier 2019. 

À la suite du chef de l’État, le Khalife général des Tidianes a également pris son bâton de pèlerin pour appeler au calme. En effet, Serigne Mbaye Sy Mansour a demandé aux syndicalistes de surseoir à leur mouvement de grève. La réponse des enseignants à la proposition du chef de l’État et à l’invite du Khalife se résume en une seule phrase : « Nous allons d’abord consulter la base ». Ce qui est tout à fait normal pour une entité bien organisée. Mais négocier et poursuivre un plan d’action apparait assez flou. Sinon, quel est l’enseignant qui peut bien expliquer cette démarche va-t’en-guerre des syndicalistes qui à la limite semblent n'être guidés que par des intérêts qui ne disent pas leurs noms ? Comment peut-on appeler à un cessez-le-feu en ayant les armes en bandoulière? Il faut dire que la marche prévue à Ziguinchor n’a pas sa raison d’être.

Ces mêmes enseignants demandent un alignement alors que des ingénieurs et d’autres cadres de l’État sortis de grandes écoles à l’image de l’Ecole nationale d’administration n’en disposent pas. Nos enseignants sont-ils plus méritants que ces ingénieurs du génie civil ?

En toute chose, il faut savoir raison garder et il est grand temps que nos chers enseignants portent la toge et se fassent juges d’eux-mêmes...
Mercredi 11 Avril 2018
Dakaractu




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