CEDEAO vers la validation du programme régional d’appui à la régulation du commerce informel


CEDEAO vers la validation du programme régional d’appui à la régulation du commerce informel
Les directeurs nationaux du commerce intérieur ainsi que des consultants, experts et personnes-ressources de divers horizons ont entamé ce mercredi 20 novembre 2013 à Cotonou un atelier de deux jours visant à valider le Programme régional d’appui à la régulation du commerce informel dans l’espace CEDEAO (PARCI).
 
D’après le communiqué, les participants auront droit à une présentation de la stratégie de régulation du commerce informel dans la région, à une communication sur la logique et les principales étapes d’élaboration du programme, ses objectifs, ses composantes et ses activités, mais aussi sa gestion, sa coordination et son financement.
 
Cet atelier devrait aussi examiner et adopter la feuille de route pour la mise en œuvre du PARCI, qui répond à la volonté de la Commission de la CEDEAO et des Etats membres d’améliorer le commerce intracommunautaire ainsi que sa contribution à l’intégration régionale, à la croissance et au développement.
 
Selon toujours le communiqué, procédant à un descriptif détaillé du commerce informel, dont il a situé l’importance considérable dans l’économie de la sous-région, M. Ahmed Hamid, commissaire de la CEDEAO chargé du Commerce, des Douanes et de la Libre circulation, a insisté sur les acteurs qui l’animent, ses types d’investissement, le profil de ses ressources humaines, son système financier et les activités qui s’y déploient, tout en soulignant que chaque activité moderne possède son pendant dans le secteur non formel.
 
Au cours de cinq dernières années, les échanges commerciaux enregistrés entre les pays de la région n’ont représenté que 10% en moyenne, un taux qui ne reflète cependant pas la réalité étant donné la prépondérance du commerce informel dans la vie économique et sociale des Etats de la communauté, nous dit-on.
 
Le PARCI intervient dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest se trouve confrontée à des défis majeurs sur le plan économique malgré les louables efforts des pays de la zone. Le taux de croissance de 6,36% enregistré au cours de la période 2010-2012 est en deçà du minimum de 7% requis pour impulser leur développement, tandis que les échanges commerciaux enregistrés entre ces Etats ne représentent que 10%.
 
« Toutefois, selon plusieurs études, ce taux des échanges intra-régionaux ne reflète pas la réalité vu que le commerce informel, qui échappe à l’enregistrement, constitue une part importante des économies nationales. Ces études montrent aussi que sa contribution varie de 20% à 75% selon les pays » souligne-t-on.
 
C’est dans ces conditions et s’inscrivant dans la même logique que les Etats membres dans leur volonté de ne pas diaboliser le commerce informel, mais plutôt d’améliorer la productivité et les revenus dans ce secteur que la Commission de la CEDEAO s’est engagée à appuyer la régulation du commerce informel dans le but de renforcer le processus d’intégration régionale, a expliqué M. Hamid.
 
Selon le communiqué, le directeur de cabinet du ministre béninois du commerce, a insisté sur le caractère ambivalent du commerce informel, considéré à la fois comme un phénomène déstructurant des économies en raison des distorsions à la concurrence qu’il provoque. A cela s’ajoutent, dit-il, le non-respect des normes et standards qui le caractérise et des énormes manques à gagner qu’il occasionne aux Etats, mais également comme une soupape de sécurité pour de nombreux marginalisés des régimes économiques en vigueur dans les pays de la région.
Dans un document distribué aux participants à l’atelier, le programme Commerce & Concurrence de la Commission communautaire note que le PARCI permet d’opérationnaliser la stratégie de rationalisation du commerce informel en Afrique de l’Ouest, stratégie adoptée en mars 2012, qui a établi le diagnostic de cette activité dans la région et proposé les principaux domaines d’intervention dans le secteur.
Le projet de PARCI 1, qui sera soumis à la validation des Etats membres avant le démarrage de sa mise en œuvre, a été conçu pour une période de cinq ans. Il se concentre sur quelques priorités stratégiques en vue d’apporter des solutions appropriées aux principaux problèmes identifiés dans le secteur.
Mercredi 20 Novembre 2013




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